Borges vs Goya

 auteur

Rodrigo García

 metteur en scène

Arnaud Troalic

 date

20/11/2009

 salle

Théâtre du Chevalet,
Noyon

 appréciation
 tags

Rodrigo García / Théâtre du Chevalet

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Double expérience avec ce collage de textes de Rodrigo García par Arnaud Troalic : assister, pour la première fois en ce qui nous concerne, à une pièce de García non mise en scène par l’auteur et, partant, entendre la langue du dramaturge en français et non uniquement en espagnol surtitré. De fait, juxtaposés, joués simultanément, Borges et Goya, deux courtes pièces de l’Hispano-Argentin, sont joué en français et par le metteur en scène pour le premier et en espagnol et par son complice Julien Flament pour le second. Parallèlement à cette différence linguistique, le premier texte se veut plus autobiographique (partant d’un souvenir de García, qui a croisé Borges et Octavio Paz dans un café de Buenos Aires dans les années 1970) tandis que le second s’attache à un père d’une cinquantaine d’années qui veut emmener ses enfants au Prado, voir des œuvres de Goya car il « préfère que ce soit Goya qui [l]’empêche de fermer l’œil plutôt que n’importe quel enfoiré ».

Dans un décor assez dépouillé (deux grands carrés de moquette, un pour chaque interprète, un canapé de cuir, une vieille voiture), avec un plateau nettement moins chargé que ce à quoi on est habitué chez Rodrigo García, on accorde par conséquent davantage d’attention au texte. Non accaparés par de multiples actions, par une débauche d’énergie parfois gratuite, par des jets de ketchup ou des actes performatifs, non abasourdis par une bande-son omniprésente, ni contraints de lire en permanence les surtitres, nous pouvons alors nous concentrer pleinement sur le discours de García. À ce titre, on accueillera avec bienveillance le fait qu’il s’écarte pour une fois de ses préoccupations traditionnelles, laissant de côté name-dropping de marques, dénonciation un peu facile de la société de consommation et rapport entre dictature de la publicité et acte sexuel. Dans ces deux textes, c’est plutôt le rapport à la littérature, à l’art qui est exploré, comme l’opposition entre high culture et low culture (les enfants du père préfèrent aller à Disneyland Paris que voir les tableaux de Goya) ou la transmission du savoir, voire le rôle de l’artiste (il est clairement reproché à Borges de ne pas s’être insurgé, sous couvert de sa cécité, contre la dictature des colonels).

Afin d’imbriquer Borges et Goya l’une dans l’autre, les interprètes, après un temps de séparation assez franc, vont peu à peu interagir dans la pièce de l’autre, jusqu’à se rencontrer véritablement et faire cause commune, portés par un travail sur le corps plutôt intéressant couplé avec une énergie certaine. Si l’utilisation de la vidéo (projetée sur des murs en fond de scène) nous apparut un peu trop classique, le spectacle fit montre d’une belle tenue dans son ensemble et doit, en toute hypothèse, être salué pour l’initiative dont il témoigne.

Autres dates :
- 24 et 25 novembre 2009 : Le Vivat - Armentières
- 28 novembre 2009 : Théâtre de Brétigny-sur-Orge
- 1er décembre 2009 : Espace Capellia - La Chapelle-sur-Erdre
- du 1er au 7 février 2010 : Théâtre du fil de l’eau - Pantin
- 9 et 10 février 2010 : Comédie de Caen
- du 4 au 6 mars 2010 : Théâtre - Arras
- 9 et 10 mars 2010 : Théâtre 140 - Bruxelles
- 12 mars 2010 : Manège - Mons
- du 16 au 18 mars 2010 : Théâtre de la Manufacture - Colmar
- 23 et 24 mars 2010 : Centre culturel - Sallanches
- 27 mars 2010 : Théâtre Durance - Château-Arnoux-Saint-Auban
- 31 mars 2010 : Théâtres en Dracénie - Draguignan
- 5 et 6 novembre 2010 : Tivoli - Montargis
- 9 et 10 novembre 2010 : Théâtre du Beauvaisis - Beauvais
- 16 novembre 2010 : Hectare - Vendôme
- 20 janvier 2011 : Théâtre - Thouars
- du 18 mars au 9 avril 2011 : Théâtre de l’est parisien - Paris

François Bousquet
le 22/11/2009

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