Arve Henriksen

 date du concert

22/11/2009

 salle

Duc des Lombards,
Paris

 tags

Arve Henriksen / Duc des Lombards

 liens

Arve Henriksen
Duc des Lombards

C’est dans le cadre feutré (et prohibitif : 25€ l’entrée, 7€ le demi) du Duc des Lombards que l’étape française de la semaine de tournée d’Arve Henriksen se déroulait. Alors que l’on a vu, ces dernières années, le trompettiste avec d’autres musiciens ou au sein de formations, cela faisait quatre ans qu’on n’avait pas assisté à un concert dans lequel il défend ses propres compositions. Cette fois-ci, c’est pour faire suite à Cartography, paru l’an passé sur ECM, que le Norvégien se produisait, joint aux machines, guitare et clavier par Helge Sten (alias Deathprod et membre de Supersilent, comme Henriksen).

Comme à son accoutumée, Arve Henriksen se fit fort d’alterner morceaux mélodiques, portés par un jeu enveloppant et chaleureux de son instrument et titres plus improvisés, accompagnés par l’intervention de rythmiques programmées lancées via un séquenceur ceint à sa jambe gauche ou depuis son laptop qu’il commandait de sa main gauche. Afin de compléter son dispositif, deux micros étaient placés devant lui (l’un au son étouffé, l’autre plus direct et doté d’une bonne dose de réverbération) tandis que lui-même passait d’une trompette à l’autre (l’une en si bémol et l’autre en ut, apparemment). Pour sa part, Helge Sten pouvait avoir sa guitare sur les genoux (et jouer alors au bottleneck en verre, en finger-picking délicat ou avec un archet) ou bien opérer au clavier et machines, samplant en direct les sons de son comparse pour les troncaturer et en faire des éléments rythmiques propres.

Pour les titres mélodiques, l’alliance trompette-accords de guitare subtilement grattés prit une ampleur parfaitement relayée par la configuration du club de jazz : salle en rond, son impeccable, attention du public, discrétion du bar et des serveurs. Dans les passages improvisés, Henriksen n’hésita pas à retirer l’embouchure de son instrument afin de le détimbrer et de jouer sur le souffle passant par les coulisses, les tapotements de ses doigts sur les pistons, voire le crissement du pavillon frotté contre le micro. Pour renforcer cet aspect percussif, il invita également les spectateurs à faire tinter en rythme verres et bouteilles avant de chanter à travers sa trompette. Plus tard, ce fut la célèbre Berceuse de Brahms (Wiegenlied : Guten Abend, gute Nacht) qu’il fit reprendre par l’assistance alors qu’il improvisait par-dessus. En guise de rappel, Henriksen tenant à ce que Sten soit mis en avant, le premier délaissa sa trompette pour se mettre à chanter d’une jolie voix de tête pendant que le second installait, à partir de son clavier, de sombres et profondes nappes.

François Bousquet
le 23/11/2009

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