Let’s Kiss & Make Up : Zoé Wolf / Milkymee / Raoul Sinier / Davide Balula / ii / Hypo / Kumisolo / Phoebe Jean / Trotskids on the Block / La Chatte / Moishe Moishe Moishele

 date du concert

14/11/2009

 salle

Maroquinerie,
Paris

 tags

Davide Balula / EDH / Hypo / Kirikoo Des / Kumi Solo / La Chatte / Maroquinerie / Milkymee / O.Lamm / Phoebe Jean / Raoul Sinier (Ra) / The Konki Duet / Vicnet / Zoé Wolf

 liens

The Konki Duet
Raoul Sinier (Ra)
Hypo
O.Lamm
Maroquinerie
Kumi Solo
Zoé Wolf
Milkymee
Phoebe Jean
La Chatte
EDH
Kirikoo Des

Let’s Kiss & Make Up était une soirée organisée par Tsunami Addiction afin de fêter la sortie d’une nouvelle compilation sous forme de rencontre entre les filles du premier volet Toxic Girls et de la suite Boyz Revenge. Tsunami Addiction est une structure historiquement proche de Active Suspension et Clapping Music ainsi que des graphistes de Event. Beaucoup d’artistes déjà connus et que l’on avait plaisir à revoir, mais aussi quelques découvertes sympathiques. Vu le nombre de concerts prévus, la soirée se présentait sous la forme d’un faux plateau télé avec deux présentatrices qui auront un peu de mal à faire bouger un public venu en nombre raisonnable mais un peu fainéant en ce samedi soir. Étant donné la densité du programme, chaque artiste disposait de 10-15 minutes, sorte de soirée zapping ne permettant pas de véritablement rentrer dans l’univers de chacun, mais favorisant la découverte, à l’image de la compilation promue.

La présentatrice nous dévoilera que la première artiste est en pleine hésitation entre la mèche ou la frange, mais quand le nom de Zoé Wolf sera annoncé, on se dira que finalement peu importe, à coup sûr tout lui va. Seule sur scène, simplement munie d’une guitare acoustique, la jeune femme mène à l’image de Kumi, son projet solo en parallèle de leur Konki Duet. Ca commence donc doucement, mais joliment avec une pop-folk délicate et touchante, fragile, un chant parfaitement posé, des vocalises qui font mouche, faisant aussi preuve d’humour entre chaque titre comme pour détendre l’atmosphère après une chanson qui n’est pas des plus enjouée... Bref, on se dira déjà après ces trois titres que l’on aura bien fait de faire le déplacement ce soir.

On enchaîne avec Milkymee, jeune artiste dont on entend parler depuis un petit moment maintenant mais que nous n’avions jamais vu en concert. On ne change pas de registre mais on notera chez la jeune femme une attitude plus rock’n roll. Elle délivre une première chanson à vous donner des frissons, un phrasé particulièrement marqué, limite torturé, enchaîne avec une autre plus engagée et enlevée et finira avec Everyday Routine que l’on trouve sur la compilation Let’s Kiss & Make Up.
Pour finir, Milkymee et Zoé Wolf joueront un titre ensemble sous le nom de Mjôlkyvarg. Zoé à la batterie, Milkymee à la guitare, toutes les deux au chant, mais on accrochera un peu moins, les percussions apportant indéniablement une teinte plus rock.

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Raoul Sinier

On passe à la vitesse supérieure avec Raoul Sinier. Le nom ne vous dit peut-être pas grand chose, et nous aussi nous entendions ce nom pour la première fois. Il s’agit en fait de Ra dont nous avions chroniqué le premier album en 2004 et qui semble abandonner son pseudo au profit de son véritable nom. Ce mini live fait suite à son nouvel album, Tremens Industry, sorti en octobre chez Ad Noiseam dont nous avions là un premier aperçu. On retrouve ce son dense, presque étouffant, des glissements électro-mélodiques, avec maintenant une approche plus pop puisque Raoul chante d’une voix que l’on n’attendait pas, puisque plutôt douce. Un set de 10mn montre en main et mené d’une seule traite, efficace !

On reste dans les artistes connus avec Davide Balula. Encore un que l’on n’avait pas vu depuis un petit moment, mais cela ne nous surprendra pas plus que cela puisqu’il semble avoir mis une priorité sur son travail de plasticien. Il s’agit ce soir d’un duo puisque s’il est à la guitare, il est accompagné d’une jeune femme qui alternera entre chant et trompette. Douces ballades chantées en cœur et invitant au voyage, trompette aquatique, pop acoustique d’autant plus lisse que le duo passait après la relative aridité de Raoul Sinier.

Un projet que l’on ne connaissait pas ensuite puisqu’il s’agit de ii, duo composé de Emmanuelle de Héricourt (ou EDH) et Nikolu. On passera assez vite sur ce set sous forme de karaoke puisque le duo se produit au chant pendant que tourne un CD avec la bande son. Une electro-pop plutôt légère, parfois même sautillante avec guitares discrètes.
EDH ne quitte pas la scène puisque c’est Hypo et EDH qui prennent le relai avec ce soir un troisième musicien à la batterie. On a un peu l’impression de se répéter tellement on a vu Hypo en concert, avec on sans EDH, sans véritable effet de surprise donc, mais un set particulièrement bien mené, que l’on qualifierait presque de carré alors que leur musique au contraire part dans tous les sens. Quoi qu’il en soit le trio retombe toujours sur ses pieds.

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Kirikoo Des / Phoebe Jean

Petit flottement pendant l’installation du groupe suivant, problème technique, et ce sont finalement Phoebe Jean et Kirikoo qui enchainent avec ce qui sera pour nous la révélation de la soirée. Une rencontre originale entre deux univers avec d’un côté l’électro-hip-hop de Kirikoo Des qui se produira également à la batterie, et d’autre part des influences punk/new wave pour la new-yorkaise Phoebe Jean. Le mélange fonctionne à merveille ce soir avec un set globalement très électronique, proche de la performance avec des séquences uniquement dansées dans un style épileptique, une musique faussement déglinguée, une énergie brute qu’ils semblent parfois avoir du mal à canaliser suivie d’un passage ambient sur joute verbale, des titres qui font mouche du premier coup, et logiquement un public qui leur emboite le pas, bref, il s’est passé un truc ce soir pendant leur concert.

On passera rapidement sur le set de Kumi Solo dont nous parlions il y a peu suite à son concert deux mois plus tôt à L’International. Electro-pop sautillante avec toujours quelques couacs et approximations qui passent ici comme une lettre à la poste, comme s’ils faisaient partie intégrante des prestations de la demoiselle. Elle jouera un dernier titre chanté en duo avec O. Lamm que l’on retrouvera en fin de soirée.

Gros break ensuite afin de réorganiser la scène pour les derniers groupes sur lesquels on passera plus rapidement car moins dans la lignée de ce site. Les Trotskids on the Block tout d’abord avec 7 ou 8 personnes sur scène, sorte de chorale pop-folk qui ne se prend pas trop au sérieux, chansons absurdes humoristiques à l’image de Pourqwhy a Lapin que l’on retrouve sur la compilation Let’s Kiss & Make Up.
La Chatte ensuite qui semblait être l’une des grosses attentes des spectateurs. Le quatuor dans lequel on retrouve Nikolu à la guitare, en impose déjà de part la présence de la styliste Vava Dudu au chant, grimée et déguisée, semblant porter un tigre (un gros chat) sur les épaules. On qualifiera leur set de trip psyché-lectronique, avec une base carrée aux rythmiques bien marquées, des mélodies qui vont droit au but et des délires vocaux systématiquement passés au delay. Fort agréable, c’est le genre de truc qui pourrait bien décoller.

C’est à un peu plus de 23h30 que le dernier groupe, présenté comme un groupe de rabbins, prend place. Moishe Moishe Moishele est composé de trois musiciens parmi lesquels on retrouve O. Lamm au laptop, Mehdi Hercberg (monsieur ShoboShobo) aux machines et chant, et Vicnet que l’on n’avait perdu de vue depuis plusieurs années. Chacun a affublé son instrument ou micro d’une étoile juive, et le trio se lance dans un set franchement techno, ajoutant parfois quelques sonorités acides, et des vocaux scandés par Mehdi tandis qu’il nous semblera reconnaitre sur le dernier titre un air de musique traditionnelle juive.

Une énorme soirée donc, mais des styles variés et des alternances qui ont fait que jamais nous avons éprouvé un sentiment de lassitude ou répétition. On regrettera juste que ce qui devait être une fête s’avéra au final un peu triste avec un public globalement réservé et une présentation cérémonieuse pas vraiment adaptée.

Fabrice ALLARD
le 30/11/2009

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