Silvie Defraoui : Sombras Eléctricas

 date

du 10/10/2009 au 13/12/2009

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Culturel Suisse / Silvie Defraoui

 liens

Centre Culturel Suisse

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Alors que la grande rétrospective qui lui avait été consacrée il y a cinq ans n’avait pas été présentée en France (seuls Saint-Gall, Genève et Thessalonique avaient eu cet honneur), le Centre culturel suisse nous permet de nous rattraper en offrant ses espaces à Silvie Defraoui pour une monographie composée d’œuvres réalisées ces dix dernières années.

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LUNA
(courtesy Centre culturel suisse)

Avec un titre d’exposition qui renvoie au nom, traduit en espagnol, que donnent les Chinois au cinéma, on s’attend à une réflexion sur l’image et la perception. Mais, plutôt que ce programme un peu convenu, la Suissesse choisit de mener un jeu sur les différences entre ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas, entre l’évident et le dissimulé. Ses deux récents travaux au néon (LUNA et ECHO) ne se dévoilent ainsi qu’en se regardant de biais ; de face, les lettres ne sont que des traits.

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Und so lebel sie heute noch
(courtesy Centre culturel suisse)

Une petite maison en verre bleue s’appréhende immédiatement, mais il faut regarder à l’intérieur pour y voir d’autres images (Und so lebel sie heute noch) tandis que les histoires racontées dans la vidéo Résonances et courant d’air se déroulent la nuit et que les images sont tournées en plein jour. Même sentiment d’écart entre le montré et le signifiant dans Exorcismus (film dans lequel les végétaux semblent transformés en sons) et dans La Rivière, vidéo montrant un cours d’eau sur laquelle des phrases défilent en surimpression : « Do not forget it is the eye which makes the horizon » et « Les choses sont différentes de ce qu’elles ne sont pas ».

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Fragmente am Horizont (détail)
(courtesy Centre culturel suisse)

À côté de ces pièces particulièrement convaincantes, quelques gestes artistiques très vus tentent de se frayer un chemin, mais on préfère passer rapidement sur cette énième superposition d’images de fleurs projetées sur des images de presse (la série Faits et gestes) ou sur une vidéo diffusée à l’envers si bien que des assiettes, détruites par un objet tiers, paraissent se reconstruire (Aphrodite Ping Pong). En retournant vers les œuvres précédemment évoqués, on remarque dans certaines d’entre elles, et sur d’autres également, un travail sur le fragment narratif avec des objets dont la destination est modifiée par Silvie Defraoui. Des carreaux de ciment peuvent alors devenir des visages (Fragmente am Horizont) et du papier froissé sur lequel sont projetées des phrases dans toutes les langues une sorte de tour de Babel aplatie (Tell this Story). Comme le disait donc joliment La Rivière : « Les choses sont différentes de ce qu’elles ne sont pas ».

François Bousquet
le 10/12/2009

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