Strøm

Shunt

(Domizil / Metamkine)

 date de sortie

00/05/2009

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Improvisation

 appréciation

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Album complet (MP3)

 tags

Domizil / Expérimental / Improvisation / Strøm

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Strøm est le projet de deux suisses, Gaudenz Badrutt (piano et électronique) et Christian Müller (clarinette et électronique) basés à Bienne et qui travaillent ensemble depuis 2001. Après une série de CD-R auto-produits et compilation de leurs travaux pour le théâtre, le duo sort Himmeltindan en 2007 chez Unit Records (label suisse dédié aux musiques improvisées et électroacoustiques) et finalement ce deuxième CD chez Domizil chez qui ils trouvent assez logiquement leur place.

Comme souvent chez Domizil, il s’agit ici d’une musique expérimentale et sans concession qui fait de Shunt un album assez difficile d’accès, mais suffisamment éclectique pour régulièrement titiller l’auditeur, quel qu’il soit. L’introduction est particulièrement difficile avec Needle Bight une pièce de 16mn a priori douce et calme, faite de sifflements électroniques et ponctuée de micro-bruitages, crépitements réguliers, tonalités limpides jusqu’à l’apparition d’une déflagration synthétique qui disparaîtra aussi vite qu’elle sera venue. L’auditeur pris à rebrousse poil se sentira un peu agressé et abordera la suite de la pièce avec méfiance. La musique de Strøm se veut imprévisible ce qui est assez logique quand celle-ci fait suite à de longues séances d’improvisation. Cassures incessantes, mitraillage mécanique, crachotements électroniques et basses saturées donnent au final de ce premier titre une teinte quasi industrielle.
Le duo se fait ensuite plus minimaliste avec un Digital Teeth particulièrement haché, ou Rocker qui doit contenir plus de silences que de sonorités audibles, comme si toutes les pièces du puzzle sonore étaient complètement éparpillées. La clarinette de Christian Müller est enfin audible (reconnaissable devrait-on peut-être dire) sur un Black Sheep dans un premier temps presque atone mais qui finit par reprendre forme pour un joli final empruntant un peu plus au jazz, avec un son marqué, net, mais sobre. On remarquera enfin des pièces que l’on sera tenté de rapprocher de l’ambient. A elles seules, Void et Doldrums représentent un peu plus des deux tiers de l’album, uniquement composées de croisements entre drones oscillants et résonances métalliques, parfois ponctuées de fins bruitages granuleux ou de quelques cordes finement pincées.

On ne conseillera pas Shunt au premier venu. Ce deuxième album reste difficile d’accès dans ses phases les plus volubiles, mais devrait toutefois accrocher auprès des auditeurs amateurs de paysages plus tranquilles ou fans de Mego pour le choix des sonorités utilisées.
A noter enfin que si l’album est disponible au format CD dans un bel emballage en carton plié, il est également en téléchargement libre et sous license Creative Commons, tout comme l’album de Thomas Peter précédemment chroniqué sur ces pages.

Fabrice ALLARD
le 02/01/2010

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