Anne Laplantine

A Little May Time Be

(Ahornfelder / Import)

 date de sortie

15/09/2009

 genre

Electronique

 style

Electronica / Pop

 appréciation

 écouter

6 MP3 (extraits)

 tags

Ahornfelder / Anne Laplantine / Electronica / Pop

 liens

Anne Laplantine
Ahornfelder

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On a à plusieurs reprises parlé d’Anne Laplantine, mais jamais de ses productions discographiques. Collaborations (Hypo, F.S. Blumm), compilations, concerts, les occasions de parler de la Française n’ont pourtant pas manqué. On n’a pas non plus cherché beaucoup plus loin, notre sentiment général étant globalement mitigé en raison d’une certaine irrégularité, allant du sublime au soporifique.

Aussi, c’est avec une certaine appréhension que l’on met l’album sur notre platine, ajoutée à la (bonne) surprise de trouver Anne Laplantine sur la structure allemande Ahornfelder (F.S. Blumm, David Grubbs, Greg Davis, Sébastien Roux, Yuichiro Fujimoto). L’album à une structure un peu particulière puisqu’il comporte pas moins de 58 pistes. On pense d’abord à un album d’interludes et jingles, mais le dos du boitier fait état de 23 morceaux avec un titre, 23 ballades d’une electronica poppy. Les 35 autres pistes, d’une durée de 4 à 26 secondes, ne sont que des enregistrements de silence ou de ce qui peut se passer pendant une séance d’enregistrement et que l’on jette normalement. Beaucoup de souffles ambiants, le click d’un magnétophone que l’on met en route ou que l’on arrête, une pluie orageuse, quelques mots aussi : "ca marche ?" ou encore "c’est à peu près ça".
L’à peu près, c’est bien là une des caractéristiques majeures du travail d’Anne Laplantine que l’on retrouve tout d’abord avec de petites pièces particulièrement hésitantes, approximatives pourrait-on dire, avec des cassures inattendues sur April, et un Walking qui semble faire intervenir une jambe de bois. Ça surprend, voire ça choque à la première écoute, et puis au bout de quelques passages on finit par se dire "mais c’est quoi qui clochait tout à l’heure ?". Il ne s’agit que d’un effet de style avec lequel la Française est particulièrement à l’aise, donnant une impression de fragilité à ses petites ritournelles par ailleurs exécutées avec brio. Le tempo s’emballe, les notes semblent défiler dans un flux dense et imperturbable, délivrant des mélodies de toute beauté sur Outside, ou le joliment alambiqué Street Street, et petit à petit la production s’étoffe avec l’apparition d’une boite à rythme frétillante et du chant (Rev, Where It Goes), d’une voix toujours douce, feutrée comme si elle essayait de la cacher alors que l’on est sous le charme de On The Street.
Toujours dans un esprit ludique, Anne Laplantine expérimente sur glissando électronique (Ending Programm), s’essaye à la techno 8bits (Tek) et aux denses collages (Nawak) mais retombe toujours sur ses pieds avec des pièces plus carrées (Jump) et des mélodies aux petits oignons (Go Down, Dicedays). Et puis, comme si tout le disque n’était qu’un essai, voire une erreur, on surprend l’artiste lancer un cocasse "non, c’est pas ça que j’veux faire" sur la 58eme piste "silencieuse".

Un album haut en couleur donc, plein de tendresse et de poésie pour les grands et les petits. Anne Laplantine est extrêmement productive en dehors de ses productions discographiques, aussi les fans trouveront d’autres productions en libre téléchargement sur son site perso.

Fabrice ALLARD
le 03/01/2010

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