Celer

Brittle

(Low Point / Import)

 date de sortie

24/08/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 écouter

Eustress (complet, Soundcloud)

 tags

Ambient / Celer / Low Point

 liens

Celer
Low Point

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Comme promis la semaine dernière, on revient sur Celer, duo composé de Danielle Baquet-Long et Will Long dont on avait déjà parlé à l’occasion de la sortie de Mesoscaphe, leur collaboration avec Mathieu Ruhlmann publiée chez Spekk. La sortie de Brittle s’inscrit dans un contexte un peu particulier. En effet c’est environ un mois avant la sortie de cet album que Danielle Baquet-Long était terrassée par une crise cardiaque à l’âge de 26 ans, mettant le petit monde de l’ambient en deuil. Une fin particulièrement émouvante alors que le couple axait son travail sur l’importance de l’amour et la fragilité de la vie. Aujourd’hui, Will Long s’attache a faire vivre la mémoire de sa femme, éducatrice spécialisée, écrivain, peintre, photographe, responsable à ce titre de la pochette de la collaboration entre Yui Onodera et The Beautiful Schizophonic publiée chez Basses Fréquences.

Brittle est composé d’une seule pièce, Eustress, de près d’1h15. Assez logiquement, il s’agit d’une musique ambient, d’une épure extrême, proche des canons du genre et évoquant forcément Brian Eno. Eustress est construit comme un enchainement sans fin de nappes limpides, généralement cristallines. Lente montée d’un accord tenu sur la longueur, puis redescente alors qu’un autre prend le relai, et ce dans une imperturbable continuité. L’album donne l’impression d’être une peinture monochrome dont les seules nuances sont des jeux d’ombres et de lumière. Ainsi les nappes s’enchainent, oscillant entre envolées et profondes tensions, toujours très minérales, flirtant parfois avec le métallique, jouant énormément avec la stéréo.
Mais au delà du simple album ambient, le duo travaillait tout particulièrement sur la juxtaposition des mots "brittle" (fragile) et "eustress" (les petits stress positifs du quotidien, ceux qui font avancer), cherchant à traduire en musique la fragilité de nos vies. Bien sûr, Brittle résonne étrangement aujourd’hui, et on pourrait voir là une musique propice à l’abandon, à nous transporter, mais Celer souhaitait faire ici au contraire un album profondément ancré dans nos quotidiens. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, toutes les sonorités proviennent d’instruments acoustiques (piano, violon, cloches, harpe, etc...), transformés en nappes-drones, et mêlées à un enregistrement d’ambiance pris dans une pièce, fenêtre ouverte. Wallpaper music au sens stricte du terme. Cette continuité qui nous parait naturelle, a été spécialement travaillée puisque le duo a composé 19 morceaux qui ont ensuite été assemblés pour n’en faire plus qu’un, évitant toute répétition et donnant une impression de mouvement à l’ensemble.

Brittle est un album ambient au sens strict du terme. Pas de rythmique bien sûr, mais pas de mélodie non plus sur laquelle on pourrait se focaliser. Douceur, minimalisme et abstraction.

Fabrice ALLARD
le 17/01/2010

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