Olivier Girouard

La nuit nous déconstruit par coeur

(Ekumen / Metamkine)

 date de sortie

00/06/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Contemporain

 appréciation

 tags

Ambient / Contemporain / Ekumen / Olivier Girouard

 liens

Ekumen
Olivier Girouard

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Olivier Girouard, canadien, est comme Nicolas Bernier membre du collectif Ekumen que nous évoquions il y a quelques semaines avec Sur Fond Blanc, album de Nicolas Bernier et Jacques Poulin-Denis. Au sein du collectif, il travaille à la promotion d’évènements liées aux musiques contemporaines et produit des pièces pour des vidéastes, plasticiens ou chorégraphes. C’est dans ce dernier registre que se situe La nuit nous déconstruit par cœur, premier album de l’artiste composé de pièces écrites pour Beside Me, un spectacle de la chorégraphe Kate Hilliard.

La chorégraphe avait travaillé sur ce spectacle en hommage à un ami disparu trop tôt d’un cancer. De la même façon, Olivier Girouard s’est inspiré de la poésie et du journal de Marie Uguay, emportée en 1981 par un cancer alors qu’elle n’avait que 26 ans. Ainsi les titres des cinq morceaux qui composent ce mini-album sont extraits des écrits de la poétesse canadienne, illustrant tous la peur de l’absence et de la solitude.
Pour notre plus grand plaisir, le travail d’Olivier Girouard est dans la lignée de ce que fait Nicolas Bernier, avec des collages sonores d’une incroyable finesse, une parfaite maitrise du tempo et de ses variations, et un gout certain pour les belles sonorités. L’album s’ouvre sur les souffles et nappes inquiétantes de ici seule, ponctué de bleeps électroniques et bruitages granuleux pour une atmosphère sombre et futuriste. On navigue ensuite dans un quotidien évanescent puisque l’artiste incorpore mélodie de guitare sophistiquée et field recordings de rue sur song for no one qu’il semble concasser un peu plus loin via des effets de hachage, syncope et crépitements sur le superbe ne me laisse pas ici, certainement le titre le plus proche d’une electronica laptop/click’n cut.
Petit à petit la musique semble disparaitre, et où il n’y a personne est tout simplement atone sur son introduction faite de claquements, souffles, chuintements, coups sourds et mécaniques, respirations-frottements jusqu’au piano dont on entend le marteau frapper les cordes sans que le moindre son n’en sorte. Un voyage en apnée qui se solde finalement par la libération d’un piano lumineux. L’album se termine avec d’autre que moi, doux et poétique, semblant croiser guitare et ukulélé, le tout enveloppé de cordes soyeuses et crépitements chaleureux.

Un album à la fois court et dense, riche et poétique, d’une ambient contemporaine et humaine.

Fabrice ALLARD
le 24/01/2010

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