RESET

 date

du 19/01/2010 au 20/02/2010

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Bertille Bak / Florian Pugnaire / Fondation d’entreprise Ricard / Sarah Lis

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Depuis de nombreuses années, artistes, critiques et commissaires d’exposition se sont penchés sur la notion d’espace d’exposition, le tournant dans tous les sens, le vidant de son contenu, le confrontant à d’autres univers, le sortant de ses sphères habituelles, etc… Nouvelle manifestation de ce champ d’étude apparemment infini, RESET permet au commissaire Christophe Kihm de poser à sept jeunes artistes (tout du moins, dont nous n’avions jamais encore entendu parler) la question suivante : « que peut-on faire d’un espace d’exposition ? ». Sous-jacente à cette question, l’idée de faire précisément du lieu d’exposition, la Fondation d’entreprise Ricard en l’espèce, le point de départ du travail plastique (conception et réalisation des œuvres, accrochage) a donné ensuite logiquement son nom à l’ensemble.

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Florian Pugnaire - Stunt Lab
(courtesy de l’artiste)

Chacun s’efforce donc de remplir l’endroit, d’habiller ce « white cube » dont Brian O’Doherty (théoricien de ce type d’espace dont est récemment sorti en français le séminal ouvrage du même nom) indiquait qu’il possède « une présence qui est le propre des espaces où les conventions sont préservées par la répétition d’un système de valeurs clos » en tant que « l’œuvre est isolée de tout ce qui pourrait nuire à son auto-évaluation ». À rebours de ce qu’on pourrait intuitivement imaginer, les créateurs ne choisissent pas forcément de garnir les murs ou les sols de la Fondation. De fait, le processus de construction est ici appréhendé de biais, par une lente mise en place (Robe de Bertille Bak, machine imprimant progressivement des briques rouges sur toute la longueur d’un mur), une nouvelle forme de mobilier (le Bureau de Bertrand Dezoteux) ou comme suite logique d’une destruction préalable lorsque Florian Pugnaire, après avoir ravagé son atelier avec un comparse, récupère tous ces débris pour en faire une sculpture cubique agglomérée (Stunt Lab).

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Sarah Lis - Écoulement
(courtesy de l’artiste)

Plus encore, cet habillage peut également être non immédiatement perceptible, jouant de cette discrétion pour faire prendre davantage conscience du « white cube ». Sarah Lis opère ainsi avec son Cartel (gravure sur mur blanc, quasiment invisible) et son Écoulement (rigole contenant de l’acrylique blanche semblable à celle utilisée pour peindre les murs d’un espace d’exposition, belle tentative de capture de celui-ci). Enfin, certaines optent pour une approche de cette thématique par un travail sur la sérialité : Tamara de Wehr et ses dessins à la perceuse (multitudes de trous comme composantes d’un tout) et Bertille Bak (Robe déjà mentionné et Sans Titre, suite d’immeubles esquissés au stylo bille sur une longue feuille de papier).

François Bousquet
le 05/02/2010

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