Ákos Garai

Pilis

(3Leaves / Metamkine)

 date de sortie

12/10/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Field Recordings

 appréciation

 tags

3Leaves / Ambient / Ákos Garai / Field Recordings

 liens

Ákos Garai
3Leaves

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Ákos Garai est un artiste hongrois, la trentaine, qui travaille dans un registre électronique minimale, avec pour principal enregistrement à son actif, l’album Til Ødslig Horisont paru chez Trente Oiseaux, le label de Bernhard Günter. Pour notre part, c’est sur la compilation Essays on Radio : Can I have 2 minutes of your time ? du label Cronica qu’on le croisait pour la première fois avec To Bjeller, une courte pièce qui nous donnait une première idée du style du Hongrois. Il vient de créer son propre label dont Pilis est la première référence.

On se situe ici dans un registre relativement différent puisque la principale source sonore est ici des field recordings. Pilis est une montagne sacrée située à environ 30kms au nord de Budapest. Ce fut le point de départ d’une randonnée qu’a fait l’artiste en avril 2009, descendant du sommet en suivant un cours d’eau, s’arrêtant régulièrement pour capter des ambiances sonores majoritairement aquatiques. On est d’abord surpris par la qualité des enregistrements, plongeant littéralement l’auditeur dans cette forêt hongroise, donnant l’impression de faire cette randonnée avec l’artiste, puis c’est la forme qui étonne. Là où dans un registre ambient les artistes s’efforcent de créer un liant, Ákos Garai se contente de mettre bout à bout ses instantanés sonores. Pas de montage façon fondu enchaîné, on passe ici d’une photo à l’autre avec les changements de teintes / de tons qui vont avec.
Entre deux rivières, ce sont des ambiances de forêt, bruissement des feuillages, piaillements d’oiseaux, craquements de branchages sous les pays de l’artiste, quelques vols de bourdons... De retour chez lui, en écoutant et sélectionnant ces enregistrements, Ákos Garai a été inspiré et s’est mis à composer quelques habillages sonores. Aussi, au fil de la descente, quelques passages composés apparaissent et surprennent encore. Là ou il aurait été facile d’ajouter nappes et mélodies lumineuses, le Hongrois propose un break avec ronronnement sourd et cliquetis métalliques, une cassure sombre et plutôt urbaine, une parenthèse au milieu de cet hymne à la nature.
Petit à petit, alors que l’artiste descend de la montagne et se rapproche de la civilisation, ces incursions électroniques se font plus régulières, généralement subtiles, comme ces claquements qui font penser à des gouttes qui tomberaient sur des peaux tendues, plus proche de la composition quand une boucle résonne à l’infini comme une sirène mais l’origine du son est peut-être le tintement d’une sonnette de vélo. Ce sont ensuite les enregistrements eux-mêmes qui se retrouvent superposés, entre nature et souffle ronronnant, certainement issu d’un avion passant dans le ciel, ou la circulation sur une route proche. L’album composé d’une pièce unique d’une cinquantaine de minutes prend fin alors qu’il ne reste que quelques chants d’oiseaux et les pas de l’artiste qui s’éloigne.

Un album d’ambient à base de field recordings qui sort de l’ordinaire de part sa forme, mêlant figuratif et imaginaire. C’est un peu dans cet esprit qu’a été fabriqué le packaging de ce CD-R numéroté et limité à 150 exemplaires, proposé dans deux volets cartonnés imprimés glissés dans une pochette en papier calque venant flouter une photo de rivière. On notera enfin que 3Leaves vient d’être ajouté au catalogue Metamkine ce qui laisse supposé un certain suivi dans la distribution en France du label hongrois.

Fabrice ALLARD
le 13/03/2010

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