Brussels Electronic Music Festival 2010 : Cluster / D*Fuse / Sylvain Chauveau & Pierre-Yves Macé / Machinefabriek

 date du concert

27/03/2010

 salle

Bozar,
Bruxelles

 tags

Bozar / Brussels Electronic Music Festival 2010 / Cluster / D*Fuse / Machinefabriek / Pierre-Yves Macé / Sylvain Chauveau

 liens

Sylvain Chauveau
Machinefabriek
Pierre-Yves Macé
Bozar
Cluster
D*Fuse

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Nos souhaits à l’issue de l’édition 2009 ont été entendus : le Brussels Electronic Music Festival est pérennisé et l’organisation s’est améliorée (en tout cas du point de vue du spectateur, quelques échanges avec des musiciens montrant que ce n’était pas encore cela côté artistes). Le public se vit ainsi remettre à son entrée une feuille avec les heures et lieux de passage des lives et DJ sets, les horaires furent globalement respectées et la circulation entre les différents espaces du Bozar facilitée. Pour notre part, nous débutâmes le samedi par deux concerts dans l’auditorium Henry Le Bœuf, avant de rejoindre la salle M pour deux autres prestations.

À l’image de l’édition précédente, les organisateurs avaient fait le choix de mêler artistes récemment apparus sur la scène électronique et pionniers du genre. Cluster étaient des seconds, actifs depuis 1971 et ayant notamment travaillé avec Brian Eno. Pour ce soir, leur petite heure de set se partagea entre pièces plutôt mélodiques et morceaux travaillant davantage sur les sonorités et rythmiques. Pas forcément grand chose d’accrocheur ou de personnel ne ressortit de ce moment, mais le sentiment cependant que les deux Allemands ont pu faire office de précurseurs à une période et qu’ils prenaient apparemment du plaisir à se retrouver après s’être un temps séparés.

Autre tête d’affiche et « grand ancien », D*Fuse est peut-être davantage connu pour ses vidéos et son travail de VJ que pour sa musique. De fait, alors que le plan fixe de Cluster sur une maison de vieilles pierres n’avait présenté aucun intérêt, les images du londonien se montrèrent autrement plus pertinentes. Montrées en split-screen avec un cadre un tout petit peu différent et quelques secondes d’écart de part et d’autre, des prises de vue en Chine (immeubles, rues, élèves faisant de l’exercice dans une cour d’école, parkings) défilèrent sur l’écran. Interagissant avec la musique (morceaux avec cliquetis ou titres plus sombres), ces vidéos ne versèrent cependant pas dans le tout-illustratif que l’on déplore parfois.

Quittant l’auditorium avant la fin du concert de D*Fuse (seul inconvénient du festival : certaines prestations se chevauchaient), on gagna la salle M pour assister au nouveau projet de Sylvain Chauveau, traduction live de son tout récent album sur Type (que l’on évoquera prochainement) puisque le Français était accompagné par Pierre-Yves Macé, plusieurs fois mentionnés dans ces pages (et encore pour un concert donné la veille à Présences Électronique). Tandis que ce dernier était au piano à queue et aux machines, Sylvain Chauveau était principalement à la guitare et affairé sur d’autres machines.

Presque tous chantés, les morceaux de ce soir présentaient la particularité de mettre aux prises deux micros : l’un direct, l’autre filtré, permettant de commencer une phrase sur l’un et de la finir sur l’autre. Un rien trop systématique, ce procédé permit néanmoins d’insister sur la profondeur de la voix de Sylvain Chauveau, profondeur qui renvoyait de surcroît aux profondeurs du jeu du piano et des nappes de guitare. À ce titre, on remarqua quelques invariants dans l’utilisation de sa six-cordes par Chauveau : jeu sur les potentiomètres pour créer un crescendo et intégration de sons venant d’un baladeur en disposant des écouteurs sur les micros de son instrument.

Enfin, on termina la soirée avec Machinefabriek assis derrière une table, sa guitare sur les genoux. Impeccablement installé pour mettre en place un drone puissant, Rutger Zuydervelt l’enrichit progressivement en ajoutant aux cliquetis de départ quelques nappes. Uniquement électroniques, celles-ci émanèrent ensuite de sa six-cordes afin de constituer des strates enveloppantes, jouant qui plus est sur la stéréo. Alors que l’assistance se laissait bercer par ce magma sonore, le Néerlandais réveilla tout le monde avec quelques secondes d’un énorme larsen chargé de clôturer son set et d’inviter indirectement le public à rejoindre les espaces dévolus au dancefloor. Nous passâmes donc quelques instants dans la salle du rez-de-chaussée, habitée par les artistes Border Community et leur son impeccable pour cette heure avancée de la nuit.

François Bousquet
le 31/03/2010

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