Asphalte

 chorégraphe

Pierre Rigal

 date

du 13/04/2010 au 17/04/2010

 salle

Théâtre Gérard Philipe,
Saint-Denis

 appréciation
 tags

Pierre Rigal / Théâtre Gérard Philipe

 liens

Théâtre Gérard Philipe
Pierre Rigal

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Avec son spectacle Press dans lequel il se trouve isolé dans sa chambre, Pierre Rigal connaît un large succès (plus de cent représentations depuis la création de ce solo il y a deux ans). Intrigués par cette réussite peu commune, la reprise d’Asphalte (spectacle pour cinq danseurs créé l’an passé à Suresnes cités danse) constituait un bon moyen pour nous de découvrir le travail du jeune homme.

Sur un plateau éclairé par un grand caisson lumineux situé en fond de scène, cinq danseurs hip-hop évoluent pendant une petite heure, juste armés de cubes lumineux et de leur belle énergie. La souplesse plastique de leurs corps les amène jusqu’à une forme de désarticulation ou d’effets quasi-aquatiques par une ondulation assez impressionnante de leurs membres, tandis que la source lumineuse change de couleur et sert à découper leurs silhouettes à la manière d’ombres chinoises contemporaines. Plus encore, le dernier tableau propose un effet stroboscopique avec, à chaque flash blanc, la capture aérienne d’un saut de l’un des danseurs, si bien qu’on a l’impression que celui-ci vole pour traverser le plateau de jardin à cour. Ce travail sur la lumière connaît donc une résonance via les petits cubes lumineux virevoltant d’une main à l’autre dans une démarche proche du « light painting ».

Mais le propos de Pierre Rigal ne se limite pas à ces tableaux visuels probants, le chorégraphe pouvant également intégrer, notamment au début du spectacle, une approche plus politique. Une course-poursuite entre les danseurs se termine par l’immobilisation de l’un d’eux et on pense ainsi inévitablement à l’électrocution de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois en octobre 2005 ; lorsque les intervenants s’alignent dos au public, jambes écartées, bras tendus et paumes de mains à plat sur le panneau de fond, des scènes d’interpellation policières remontent à la surface ; enfin, des réminiscences de caillassage peuvent être vus quand les cubes lumineux sont lancés par-dessus le grand caisson. Mais cette parole politique, comme les quelques références hip-hop, sont utilisées avec mesure et ne servent jamais de béquille facile. Il convient plutôt d’y voir là un bagage commun, parfois employé avec facétie à l’image du sweat à capuche, cet emblème ici détourné pour allonger le cou d’un danseur ou agrandir sa figure.

Bénéficiant de surcroît d’échantillons musicaux de Ryoji Ikeda (dont l’électronica précise et ciselée convient parfaitement au spectacle), Asphalte n’est certes pas forcément très inventif mais s’avère diablement bien pensé et mis en espace. Et à en juger par les multiples « waouh » ébahis que nous avons laissé échapper à la vue de l’un des passages décrits précédemment, il est permis de dire que nous avons largement apprécié.

Autres dates :
- 6 mai 2010 : La Halle aux Grains - Blois
- 12 et 13 mai 2010 : Fabrik - Postdam
- du 28 au 30 mai 2010 : French May Festival - Honk Kong
- 10 juillet 2010 : Festival Dièse et Art Danse - Dijon

François Bousquet
le 16/04/2010

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