Noetinger / Doneda / eRikm

Dos d’ânes

(Ronda / Metamkine)

 date de sortie

00/11/2009

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Improvisation / Jazz

 appréciation

 écouter

Nervures (MP3 complet)

 tags

eRikm / Expérimental / Improvisation / Jazz / Jérôme Noetinger / Michel Doneda / Ronda

 liens

eRikm
Ronda

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Le label Ronda reste fidèle à ses artistes et vice versa, puisque c’est déjà la troisième référence du label sur laquelle apparaît eRikm, que ce soit en solo (Variations Oportunistes, 2006), en duo avec Akosh S. (Züfall, 2008), ou ici en trio avec Jérôme Noetinger et Michel Doneda. Une configuration qui ne nous étonnera guère, nous paraissant même naturelle et sans surprise, mais on apprendra que ce n’est qu’en 2006 que l’idée de ce trio à pris forme dans l’esprit de Jérôme Noetinger, alors invité au festival Jazz à Mulhouse.

On devine d’autant plus à quoi le disque va ressembler, qu’il s’agit de divers extraits de concerts donnés en 2007, qui ont été assemblés, réorganisés, compilés par les trois artistes. Improvisation en live, mais exercice plus réfléchi de montage a posteriori, une formule plutôt séduisante permettant de proposer sur disque une réelle improvisation tout en éliminant ce qui fonctionnerait moins bien sans le support visuel de la prestation scénique.
Le disque est découpé en trois pistes de 20, 15 et 9 minutes parmi lesquelles on trouvera des extraits de concerts qui se sont déroulé au Pied Nu (Le Havre), au Carré Bleu (Poitiers), aux Instants Chavirés et bien sûr à Mulhouse. Michel Doneda est aux saxophones, tandis que ses deux comparses se chargent de l’électronique avec une magnifique ouverture, sorte de claquement vif suivi d’une nappe sourde. Il s’agit là du genre de formule qui fonctionne si les artistes parviennent à trouver un certain équilibre au sein de leurs échanges improvisés, et on aura tendance à trouver Doneda très en avant dans les premières minutes de Grandeur nature. La tonalité y est certainement pour beaucoup avec des couinements acoustiques face à une électronique en sourdine, composée de claquements, ronronnements, bruissements. Ils trouveront l’équilibre quand Doneda optera pour le mimétisme, produisant une sorte de fragile nappe sur les sonorités ambient et soufflantes du duo d’électroniciens, évoluant tous ensemble vers des textures industrielles et des territoires bruitistes.
On aura tout de même tendance à préférer Il fait nuit dans la tête qui nous apparaîtra plus cinématographique, d’une tonalité plus ambient, débutant par un frétillement faisant penser à une bobine de film se déroulant dans un projecteur, puis jouant sur des sonorités proches de coups de tonnerre, du sifflement du vent, d’une averse grésillante ou encore d’un petit cours d’eau. Pour terminer, on trouve Nervures, basé sur des souffles atonaux ponctués de brèves déflagrations électroniques. On notera ici la couleur un peu datée de sonorités typées GRM 70s, contribuant à un charme rétro et décalé au regard des improvisations de Doneda.

D’improvisations, le trio est parvenu à créer ici trois pièces distinctes et cohérentes, trois univers par des sonorités et des techniques de jeux différentes. Dos d’ânes reste néanmoins un album assez difficile d’accès, et difficile à conseiller à qui n’est pas déjà amateur du genre.

Fabrice ALLARD
le 06/05/2010

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