La Ronde du carré

 auteur

Dimitris Dimitriàdis

 metteur en scène

Giorgio Barberio Corsetti

 date

du 14/05/2010 au 12/06/2010

 salle

Théâtre de l’Odéon,
Paris

 appréciation
 tags

Dimitris Dimitriàdis / Théâtre de l’Odéon

 liens

Théâtre de l’Odéon

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Auteur central de cette saison qui s’achève à l’Odéon (c’est sa troisième pièce qui y est montée dans l’année), Dimitris Dimitriàdis présente, dans cette Ronde du carré, quatre situations en alternance : une femme qui revient au domicile conjugal quitté deux ans auparavant et trois trios amoureux. Dans une langue souvent crue et dans un style très naturaliste, les scènes, hermétiques les unes par rapport aux autres, se suivent jusqu’à des issues souvent fatales. Après cette première série d’intrigues, la pièce repart à zéro et on assiste à nouveau à la première scène du spectacle.

Alors qu’on pouvait craindre une inversion des rôles (à la Smoking/No Smoking) ou un croisement des personnages d’une intrigue à l’autre (comme la référence assumée à la Ronde de Schnitzler le laissait augurer), l’auteur grec opte plutôt pour une accélération du tempo, resserrant le propos de chaque scène, le recentrant sur les aspects les plus acérés et les paroles les plus dures de chacun des amants envers son ou ses partenaires. D’accélération en accélération, la boucle complète du spectacle est jouée plusieurs fois (avec cependant quelques variations qu’on préfère ne pas évoquer), comme si les personnages ne pouvaient jamais s’extraire de ses situations, contraints d’éprouver sans cesse les mêmes tourments.

Au-delà de cette mécanique moins prévisible qu’imaginée, donc, les acteurs (dont trois d’entre eux interprètent deux personnages) servent impeccablement un texte brillamment traduit par Claudine Galéa et qui n’est pas toujours aussi âpre, s’autorisant ainsi quelques échappées loufoques. Mais c’est surtout la mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti et son interaction avec le décor de Cristian Taraborrelli qui impressionne ici. Reprenant une formule qui avait fait ses preuves la saison passée sur Gertrude (Le Cri) d’Howard Barker, les Italiens mettent en place un plateau dépouillé, tout juste agrémenté de rotations de pan de décor, d’un drap mordoré ou d’un plan incliné pour le final. Dans ce dernier, l’ensemble des personnages est en même temps sur le plateau et, récitant en boucle une seule de leur réplique, tentent en vain de grimper en haut de cette colline de Sisyphe tandis que celle-ci est progressivement dévalée par des grosses lettres de néon répétant, elles aussi sans cesse : « Continue ».

François Bousquet
le 26/05/2010

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