Leyland Kirby

Sadly, The Future Is No Longer What It Was

(History Always Favours The Winners / Internet)

 date de sortie

00/11/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Ambient / History Always Favours The Winners / Leyland Kirby / Néo-Classique / V/Vm

 liens

V/Vm
History Always Favours The Winners

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On connaissait surtout Leyland Kirby (de son vrai nom James Leyland Kirby) pour son projet V/Vm avec lequel il avait joué quelques fois sur Paris. Il s’agissait là d’une électro-noise que les amateurs d’electronica ont certainement croisé via la série des HelpAphexTwin tournant gentiment en ridicule le boss de Rephlex. Mais parallèlement à V/Vm, Leyland Kirby a toujours mené son projet The Caretaker dans un registre ambient expérimentale qu’il poursuit ici sous son propre nom.

Le titre annonce déjà la couleur et l’artiste propose cet album comme le document d’un monde en déclin, par opposition à l’imagerie d’un futur radieux tel qu’il pouvait être présenté dans les années 70, via la technologie. Un regard critique sur les réseaux sociaux, notre rapport aux machines dont nous devenons esclave, l’accélération du temps qui nous plonge dans une course effrénée. Leyland Kirby nous invite donc à nous poser et à revenir à l’essentiel, à prendre le temps. On sera bien obligé de se plier à cette volonté si l’on veut parcourir l’intégralité de cet album monstrueux : 6 vinyles ou 3 CD pour près de 4h de musique avec quelques pièces dépassant les 20mn.
On notera une large dominante aux teintes néo-classique, avec des mélodies de piano généralement lentes et amples, tantôt habillées de field recordings (klaxons, bruits de pas, sonneries, rollers sur When We Parted, My Heart Wanted To Die qui ouvre l’album), tantôt solo, au tempo chaotique et empreint d’une forte mélancolie sur le très beau Not As She Is Now But As She Appears In My Dreams. Parfois la musique se fait plus romantique avec inserts de flûte et tintements de verre (Not Even Nostalgia Is As Good As It Used To Be) ou theremin (I’ve Hummed This Tune To All The Girls I’ve Known), mais d’une manière générale, cette dominante néo-classique qui se voit agrémentée de nappes synthétiques sombres et fantomatiques, entre contemplation et complaisance finit par lasser sur The The Place Between The Twilight And The Dawn, quand il ne reprend pas les claviers d’Enya (When We Parted...) ou d’Angelo Badalamenti façon Twin Peaks sur When Did Our Dreams And Futures Drift So Far Apart ?.

Bien heureusement ce triple album est loin de ce limiter à cela et on s’attardera plutôt sur une ambient expérimentale nettement plus excitante. Un son dense, mélange de nappes tournoyantes, bruitages, crépitements passé à la moulinette reverb, formant un immense magma aux contours flous, abstraits, faisant preuve d’une certaine puissance sur l’étonnant The Sound Of Music Vanishing. Petite déclinaison un peu plus loin avec And As I Sat Beside You I Felt The Great Sadness That Day qui fait preuve d’une violence contenue avec ses nappes d’orgues triturées, brouillées, granuleuses, flirtant avec la saturation. L’artiste apporte ainsi un certain relief, oscillant entre douceur et rugosité, et évitant de justesse la mièvrerie que l’on devine sur Sadly, The Future Is No Longer What It Was. On appréciera du coup des pièces telles que Stay Light, There Is A Rainbow A Coming qui trouvent un bel équilibre entre douceur, grain un peu aride, et le minimalisme de boucles répétitives.

On terminera avec les titres qui laissent apparaitre un style un peu plus à la marge, comme cette ambient relativement classique mais fort bien menée sur The Beauty Of The Impending Tragedy Of My Existence jouant habilement sur un mélange de sonorités électroniques et acoustiques traitées. Nostalgie ensuite avec And Nothing Comes Between The Sadness And The Scream et ses tintements que l’on croirait sortis d’une boite à musique et on terminera avec Stralauer Peninsula, une pièce vraiment à part puisant largement dans une ambient germanique 70s, à base de nappes d’orgues et synthés analogiques qui pourront évoquer Vangelis sur la BO de Blade Runner.

Cette trilogie nous laisse un sentiment finalement partagé, avec de très belles choses, mais aussi des longueurs, un peu de facilité, une musique qui joue énormément sur les sentiments et qui s’y perd parfois. Un bel album qui aurait certainement gagné en impact s’il avait été un peu écourté, sans pour autant dénaturer la volonté initiale et le message de l’artiste.

Fabrice ALLARD
le 19/06/2010

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