Elsie Else Festival 2010 : Alexandre Navarro / Industrial Mechanics / Toba / Jackie Chan Orchestra / Die Wurst-Brücke Sound System Povera / Un Escargot Vide ? / Zrl + Tokage / Sonic Surgeon / Cosmic Super Niao Niao

 date du concert

19/06/2010

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Alexandre Navarro / Cosmic Super Niao Niao / Die Wurst-Brücke Sound System Povera / Elsie Else Records / Industrial Mechanics / Instants Chavirés / Jackie Chan Orchestra / Sonic Surgeon / Toba / Un Escargot Vide ? / Zrl

 liens

Instants Chavirés
Alexandre Navarro
Toba
Un Escargot Vide ?
Zrl
Sonic Surgeon
Elsie Else Records
Industrial Mechanics
Jackie Chan Orchestra
Die Wurst-Brücke Sound System Povera
Cosmic Super Niao Niao

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C’est en ce gris samedi que se déroulait la troisième édition du Festival Elsie Else, reprenant le principe des années précédentes avec une dizaine de concerts débutant en fin d’après-midi. L’occasion de retrouver des artistes découverts l’an passé, d’en voir d’autres enfin en live, et surtout de faire plein de découvertes.

Malheureusement, comme l’an passé il n’y a pas grand monde aux Instants, les organisateurs ayant pourtant incité les spectateurs à venir tôt avec un tarif attractif pour ceux qui arrivaient avant 20h. Pour notre part, on arrivera avec un peu de retard, et en raison d’un changement de programme de dernière minute, on rate le début du concert d’Alexandre Navarro qui avait été contraint d’annuler l’an dernier et que l’on voulait absolument voir ce soir. Le boss de SEM label est seul sur scène avec sa guitare, ses pédales d’effets, un e-bow, accumulant petit à petit des strates de guitares douces et lumineuses. Nappes oscillantes, notes résonantes, répétitions lancinantes, le Parisien surprend parfois avec des montées de tension. Le procédé n’est pas nouveau, voire habituel depuis quelques années, mais le set est carré, propre, faisant preuve d’une certaine finesse pour un résultat vraiment touchant, susceptible de faire se rejoindre les amateurs de post-rock et d’electronica.

Industrial Mechanics ensuite, un nom qui suscitera quelques interrogations. On avait juste écouté quelques notes sur leur MySpace avant le festival, afin de voir si ça valait le coup que l’on arrive à 17h, et le peu que l’on ait entendu donnait plutôt envie. Sur scène le trio liégeois à la configuration classique guitare/basse/batterie nous surprendra par sa variété de ton. Des passages d’un post-rock doux, mélodique qui pourra évoquer toute une ribambelle de groupes dans le genre, avec samples vocaux parsemés, puis des montées extrêmes, lorgnant vers un rock lourd, appuyé par l’attitude des guitaristes, parfois à la limite du head banging. Revendiquant aussi bien des influences de Mogwai que d’Isis, on comprendra mieux la trajectoire du combo belge qui nous offrira un set propre, apparemment bien rodé. On regrettera juste que chaque morceau soit construit sur le même principe, alternant de manière mathématique douceur et rugosité.

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Toba

Un peu avant 19h, c’est Toba qui prend le relai, une jeune femme que l’on découvrait l’an dernier en ouverture du festival. Elle jouait ce soir au milieu du public, assise dans un coin comme n’importe quel spectateur avec le laptop sur les genoux, un peu "comme à la maison". Son concert fut une excellente surprise, d’une electronica tantôt abstraite, bleeps et piaillements d’oiseaux, sifflements, bruitages mécaniques et sonorités concrètes, avec parfois une mélodie minimale, pop et accrocheuse, du plus bel effet. Son set d’une petite vingtaine de minute fut parfait de bout en bout, alternant habilement entre ces deux univers, tenant l’auditeur en éveil et le faisant naviguer entre enfance, mystère et poésie.

On restera sur de la laptop music avec le Jackie Chan Orchestra, en fait le projet d’un seul homme, moitié du duo Bird and Bear que l’on découvrait ici l’an dernier. Un style vraiment à part avec un set ressemblant à un mille-feuille de nappes glissantes, souvent inquiétantes. Le jeune homme peint un univers étrange à base de créatures fantasmagoriques aux cris plaintifs, hululements, crissements de volatiles, des ronronnements monstrueux venant créer quelques cassures impromptues. Il nous sert de guide dans cette forêt habitée tandis que des chœurs synthétiques tentent de nous rassurer. Une musique hautement cinématographique, un joli set qui sera toutefois un peu perturbé par la volonté d’enchaîner avec l’artiste suivant, des hésitations lors de la phase de transition.

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Die Wurst-Brücke Sound System Povera

C’est Die Wurst-Brücke Sound System Povera qui prend le relai avec une mise en scène haute en couleur puisque l’artiste est déguisé avec une robe et une cagoule de Spiderman sur le visage, accroupi dans une espèce de cabane, simple armature métallique recouverte d’une bâche en plastique. Dans cette cabane, éclairage et boules lumineuses tournoient tandis que la musique se rapproche d’une noise martelée, ponctuée de déclamations. Une abstract pop-noise colorée que des roulements mécaniques finissent par rendre dansante. Pour amateurs du genre, l’artiste accumule les concerts en ce mois de juin, à surveiller donc du côté de La Générale ou du Tunnel !

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Un Escargot Vide ?

À 20h45 c’est l’organisateur du festival, Un Escargot Vide ?, qui prend place. Laptop, Nintendo DS et consoles de mixage pour outil, il nous offre lui aussi un concert de toute beauté. On aura tendance à rapprocher sa prestation du concert de Toba un peu plus tôt. Une musique toute en finesse, mêlant électronique limpide et samples d’enfants, field recordings, revenant régulièrement à des structures plus classiques, rythmiques ou mélodiques, comme pour se remettre sur les rails avant d’explorer de nouvelles contrées. Alternant douceur et tension, devant un public particulièrement attentif, ce fut l’un des grands moments de la soirée.

Comme l’an dernier, au fil des heures le ton monte et on s’oriente vers des musiques un peu plus nerveuses. C’est notamment le cas de Zrl et Tokage qui jouent en duo. C’est Tokage qui commence seul avec un baladeur cassette et de multiples effets. Une musique abstraite, faite de souffles et ronronnements de basses. Au bout de 5mn il est rejoint par Zrl qui jouait également l’an dernier. Équipé de son laptop il diffuse des textures bruitistes qui viennent tout écraser, laissant tout juste deviner quelques influences industrielles.

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Sonic Surgeon

Il est 22h quand Sonic Surgeon prend place, cette année en solo. Après la diffusion d’une musique asiatique, entre pop et tradition, le ton change radicalement avec la manipulation de deux prises jack, créant des drones oscillants. L’arrivée d’une boîte à rythme et de la voix de Sonic Surgeon nous permet de retrouver son style, une électro-pop sombre et brute, mécanique. On y retrouve des influences new-wave et industrielles joliment travaillées pour un résultat particulièrement efficace. L’artiste surprend par l’éclectisme de son set, enchaînant en utilisant un tuyau en plastique à la manière d’un cor, passant ensuite à la guitare sur de rondes boucles électroniques et spoken word soyeux, poésie et rythmique technoïde. On restait bien dans le ton de la soirée, mais après les set de laptopeurs et autres artistes bruitistes, la musique de Sonic Surgeon était comme un bol d’air qui permis au public de se mettre à danser.

C’est Cosmic Super Niao Niao qui avait la lourde tâche de clôturer la soirée. Encore une jeune femme toute seule au laptop avec une musique pas forcément facile d’accès puisqu’il s’agissait ici principalement de collages et traitements de field recordings. C’est une impression d’ambiance urbaine qui domine, entre souffles et ronronnement de circulation, quelques martèlements et pulsations de basse pour un résultat très abstrait, manquant certainement de fil mélodique comme avait pu le faire ses comparses précédemment. Un concert par ailleurs un peu trop long (près de 40mn) qui fait qu’une partie du public abandonne sur les 10 dernières minutes alors qu’une mélodie de xylophone semble imiter des gouttes de pluie.

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Cosmic Super Niao Niao

Comme l’année dernière, le public était trop peu nombreux. Dommage pour les artistes qui bénéficiaient cependant d’un cadre intimiste et de spectateurs attentifs.

Fabrice ALLARD
le 21/06/2010

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