Siestes Electroniques 2010 : Es / The Ruby Suns / Machine Drum / Rebolledo

 date du concert

26/06/2010

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

Es / Festival des Siestes Electroniques 2010 / Machine Drum / Prairie des Filtres

 liens

Es
Festival des Siestes Electroniques 2010
Machine Drum

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Neuvième édition des Siestes Électroniques, et pour la septième année consécutive EtherREAL se déplace sous le soleil toulousain pour voir ce qu’il s’y passe. Cette année nous n’y ferons qu’un passage éclair. En effet nous aurions pu venir pour l’ouverture avec la rencontre entre Makoto Kawabata et Keiji Haino, mais nous assistions à celle-ci quelques jours plus tôt au Générateur (Gentilly). On aurait pu faire le déplacement pour l’électro minimale de Pantha du Prince mais ça n’aurait été vraiment pas de chance puisque celui-ci fut contraint d’annuler pour cause de grève. De toute façon on se serait ennuyé vendredi puisqu’à la place des habituels concerts en prélude aux Siestes, il n’y avait qu’une "rave party" Tigersushi à se mettre sous la dent.
Il ne nous restait donc que le week-end qui représente toutefois l’essence même de ce festival avec ambiance décontractée et pour reprendre les propos des animateurs de Campus FM présents sur place, "de la bière fraiche et des jolies filles". OK !.... et la musique dans tout ça ?

On hésitera à aller jusqu’à dire que la musique est ici secondaire, mais bon... Notre seule réelle motivation était de venir voir Es, c’est assez maigre au regard du déplacement, aussi on misait effectivement sur le soleil, un cadre agréable, des amis que l’on retrouve ici tous les ans pour rétablir un certain équilibre.
C’est justement Es, le finlandais qui dirige l’excellent label Fonal, qui ouvrait cette journée, apportant une fraicheur mélancolique sous ce soleil de plomb. Apparemment simplement équipé d’un petit clavier et de pédales d’effet, le Finlandais commençait son set par de petites notes éparses, hésitantes, jolies sonorités trop distendues pour composer une réelle mélodie. Petit à petit le son s’étoffe, les claviers délivrent de véritables cascades improvisées, puis le son se fait plus enveloppant à base de nappes d’orgues oscillantes avec lesquelles l’artiste improvisera de la même façon. S’ensuit un quart d’heure de toute beauté, joliment rétro, subtilement psychédélique, une ambient mélodique émouvante qui valait à elle seule le déplacement.
Par chance, et en bon label manager, Sami Sänpäkkilä était venu avec ses albums mais aussi quelques autres sorties Fonal, nous permettant d’acquérir ses dernières productions.

Les organisateurs des Siestes Électroniques communiquent assez largement sur leur volonté d’ouverture, de proposer à la fois des musiques exigeantes et dansantes. C’est tout à leur honneur, mais cela amène parfois à des carambolages sonores comme celui auquel on assistait avec l’arrivée du trio néozélandais The Ruby Suns. Un peu comme si un mauvais DJ avait pris le contrôle des machines, alors que nous étions encore plongés dans une féérie finlandaise voici que débarque une pop à fortes consonances polynésiennes, légèrement électronisante. Guitare, batterie électronique, voix de fausset pour la douceur, rythmiques ensoleillées et une volonté de voir le public se lever pour danser sur une pop fraiche. Pour nous ce sera plutôt bière fraiche puisque le bar proposait une excellente blanche au subtil parfum de pomme, parfait en attendant que ça se passe...

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Machine Drum

À 19h30 c’est Machine Drum qui prend le relai pour un live au laptop et sampler. Il commence par faire mouche en lançant un "Toulouse" dans son micro qu’il incorpore immédiatement dans sa musique. On ne connaissait pas le travail de Travis Stewart et on fut assez surpris par la finesse de son premier titre, finalement très electronica, mélodies simples mais soignées sur un tempo saccadé évitant tout cliché, nous rappelant que le jeune homme est tout de même signé chez Merck (Deru, Lackluster, Proem).
Malheureusement, et comme tous les artistes qui travaillent avec des samples et boucles de mauvaise qualité (on se rappellera de Hudson Mohawke l’an passé), compressé en MP3 ou équivalent, sa musique souffre d’un profond manque de relief, d’amplitude et nous paraît complètement étouffée. On a beau apprécier ses séquences rythmiques, elles peinent à rendre sa musique véritablement entrainante alors que pourtant il y a là un réel potentiel. Autre effet de bord, Machine Drum se met parfois à chanter, accompagnant un tempo aux influences hip-hop ou plus franchement dubstep et c’est alors la catastrophe avec une voix complètement décalée, niveaux sonores en complet déphasage.
Un concert en demi-teinte qui nous permettra tout juste d’apprécier le potentiel de l’artiste. À tester sur disque plutôt.

En dehors de la programmation musicale, un autre élément fait montre de l’évolution des Siestes Électroniques, le nombre de lives. En 2004, lors de notre première édition, nous avions quatre voire cinq concerts. Alors que sur EtherREAL nous défendons les véritables concerts en tant que présentation du travail de composition d’un artiste, suivant une tendance déjà initiée les années précédentes nous n’avons aujourd’hui plus que trois concerts puis un DJ set.
C’est le mexicain Rebolledo qui jouera ce rôle ce soir. Une belle sélection qui fait l’affaire, efficace et plaisante, mais on remarquera quand même que c’est le Rez d’Underworld (1994) qui n’a pas pris une ride et qui fera bondir tous les festivaliers en fin de soirée.

En conclusion de cette première journée, Es est à voir et revoir, et peut-être que l’on se penchera sur la discographie de Machine Drum.

Fabrice ALLARD
le 27/06/2010

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