Traditionnellement, sur le modèle de la distinction high culture/low culture, on oppose culture savante et culture populaire. Or, depuis quelques mois, un mouvement tend à proclamer que ce clivage n’est plus pertinent, que la culture d’élite n’est plus ce qu’elle était et que la culture de masse ne doit plus être mise à l’écart. Si cette dernière peut effectivement mériter d’être étudiée, il ne faudrait pas non plus tomber dans un snobisme inversé, proche de la posture, conduisant à réévaluer démesurément celle-ci et surtout à laisser de côté toute dimension critique au profit d’analyses économico-stratégiques ou géo-politiques.

Naturellement, on peut tout à fait se laisser aller à reprendre en chœur les tubes les plus éculés et apprécier l’art contemporain le plus conceptuel, regarder des séries télévisées et assister à des concerts de musique expérimentale, voire aimer le grand spectacle de certains blockbusters et fréquenter les salles de spectacle vivant contemporain. Mais, parmi ces propositions, il nous semble clairement que ce sont les secondes qui méritent d’être davantage défendues ; les premières bénéficiant déjà de tout l’abattage promotionnel et publicitaire nécessaire. Dans cette perspective, ces pages privilégient la technique des petits pas, convaincues qu’au fur et à mesure, étape après étape, disciplines exigeantes et culture savante peuvent être à la portée de tous, pour un peu qu’on accepte d’être un peu bousculé dans ses certitudes.

À ce sujet, on a récemment vu qu’un grand site de veille médias nous catalogue comme « magazine musical techno ». Au-delà du caractère réducteur de ces deux adjectifs (la pluridisciplinarité étant ici de mise depuis plusieurs années et la techno est loin d’être le style musical que l’on évoque le plus), il nous a semblé témoigner d’une forme de méconnaissance, assez partagée ceci dit, de la musique électronique. De fait, elle est trop souvent ramenée au boum-boum et aux free parties alors qu’elle n’a eu de cesse de se diversifier, même si pas mal de monde reste encore sur ses a priori en la matière. Politique des petits pas, disions-nous…

François Bousquet
le 01/07/2010