Siestes Electroniques 2010 : Marc Démereau / Chateau Marmont / Mount Kimbie / Junior Boys

 date du concert

27/06/2010

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

Festival des Siestes Electroniques 2010 / Marc Démereau / Mount Kimbie / Prairie des Filtres

 liens

Festival des Siestes Electroniques 2010
Mount Kimbie

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Deuxième après-midi à la Prairie des Filtres, avec déjà à 16h30 un public venu en nombre malgré les nuages plongeant Toulouse sous une chape de plomb. On commencera par se prendre une petite assiette de spécialités japonaises puisque c’était le thème culinaire de cette année, en attendant que les concerts annoncés à 16h ne commencent, vers 17h10-15 en réalité.

On commençait aujourd’hui avec un toulousain, puisque c’est Marc Démereau que l’on était amené à découvrir. La cinquantaine passée, principalement connu dans le monde du jazz, Marc Démereau participe à de multiples projets (Le Tigre des Platanes, La Friture Moderne, Cannibales & Vahinés) et expérimente en solo en mêlant sa pratique instrumentale à l’outil informatique.
Le programme annonçait de manière un peu limitative un concert de scie musicale mais c’est à beaucoup plus que cela que l’on assista cet après-midi, le concert débutant par quelques notes électroniques un peu vrillées, fines et à peine saturées. On s’attendait tellement à entendre les miaulements d’une scie que l’on ne réalisa pas immédiatement que c’était bien le Toulousain qui avait débuté son concert. La scie justement, on l’entend, mais on est bien loin de ce que l’on connaissait du genre puisqu’elle est ici grinçante et légèrement traitée par l’ordinateur. Marc Démereau nous offrira un concert extrêmement riche, donnant l’impression de changer de style à chaque morceau, se faisant tour à tour doux, poétique, bruitiste, alternant ou mettant en parallèle composition électronique et improvisation acoustique, particulièrement free quand il s’empare de son saxophone, revenant ensuite à une ambient minimaliste.
À l’aise dans tous les styles, passant sans cesse d’un instrument à l’autre, il nous délivra un concert extrêmement dense et moderne, de toute beauté. Pour situer un peu mieux cet artiste atypique, nous avions droit après son concert à une interview réalisée par Campus FM lors de laquelle il fut questionné sur ses influences électroniques. Il cita quelques artistes de registres divers (Ryoji Ikeda, Richard Chartier, Fennesz, Otomo Yoshihide), et c’est effectivement un peu de tout cela qu’il y avait dans son set.

A Mountain of One en 2008, Etienne Jaumet en 2009, il nous faut maintenant un certain quota d’artistes estampillés 70s et c’est Chateau Marmont qui devait jouer ce rôle cette année. Découverte également, mais ce n’est pas le genre de formation sur lequel on s’attardera longuement. Batterie électronique, guitare, basse et claviers vintages, on qualifiera la musique du quatuor de sympathique, légère, doucement rétro. Une électro-pop pour cosmonautes en combinaison gris métallisé (il n’y a pas de raison qu’on se prive des clichés avec lesquels joue le groupe) aux arpèges accrocheuses et au vocoder prévisible. À la rigueur c’est là tout le problème, pour peu que l’on attende autre chose d’un concert que de simplement diffuser de la musique, pour peu que l’on attende d’être un peu surpris voire bousculé par la musique, on risquera la petite déception. Un concert agréable pour comater dans l’herbe mais que l’on aura vite oublié.

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Mount Kimbie

Pendant le concert de Chateau Marmont le ciel se fera menaçant et quelques gouttes commencent à tomber, mais les organisateurs installeront des tentes sur scène afin de protéger artistes et matériel. C’est encore sous un ciel incertain que se met en place la scène pour Mount Kimbie, un nouveau sponsor floral étant là cette année pour habiller la scène de plantes et fleurs, ajoutant encore à la composante bucolique du festival.
La description de Mount Kimbie faisait plutôt envie et ce sera effectivement une excellente découverte que ce duo anglais. Impossible de passer à côté de la vague dubstep qui déferle sur l’Angleterre depuis quelques années, et bien Mount Kimbie a décidé d’aller au delà du genre, à la malmener en y incorporant savamment plein de petites choses inattendues. Surprise ainsi de voir l’un des artistes prendre une guitare sur ce live laptop-machines, plaquant des accords pop-rock, usant aussi bien de samples vocaux que d’un chant à la voix suave, le tout étant posé sur des grooves bancales du plus bel effet. Un peu comme la formule electronica ultra classique consistant à mettre en parallèle rythmiques sauvages et mélodies mélancoliques, Mount Kimbie apporte une sensibilité pop sur ses tempos à la fois ronds et chaotiques, évitant toute facilité, se faisant imprévisibles. On est tombé sous le charme !

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Junior Boys

Pour terminer, le DJ set du jour avec Junior Boys. Il s’agit normalement d’un duo canadien composant depuis 6-7 ans une musique électro-pop aux influences disco. Légèreté et danse donc, mais pour ce DJ set seul l’un des deux membres du groupe, Matthew Didemus, était présent. Il débute alors qu’il est un peu plus de 20h avec un tempo soutenu, assez techno pour donner envie à tout le monde de se lever pour danser. Ça fonctionne plutôt bien, le ciel s’est dégagé, et cette neuvième édition des Siestes Électroniques se termine sur des rythmiques house chaloupées.

Neuf ans donc... avant de venir on se demandait un peu si l’on viendrait l’année prochaine, surtout si la programmation confirme la direction prise ces dernières années. Bien sûr on verra ça l’année prochaine, mais on peut déjà espérer avoir quelques (bonnes ?) surprises pour fêter ces dix ans !

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Fin de festival, ambiance...

Fabrice ALLARD
le 29/06/2010

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