Andrew Coleman & Defasten

Openland

(C0C0S0L1DC1T1 / Chalet Films)

 date de sortie

00/01/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Andrew Coleman / C0C0S0L1DC1T1 / Electronica / Expérimental

 liens

C0C0S0L1DC1T1
Andrew Coleman
Chalet Films

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Difficile pour nous de dire à quel point Andrew Coleman est connu. On le découvre avec cet album alors que son projet Animals On Wheels était signé chez Ninja Tune et que ses précédents travaux sous son propre nom sont notamment sortis chez Thrill Jockey. Il s’agit ici de sa seconde production pour le label C0c0s0l1dc1t1 après le Tony Alva’s Hair publié en 2005, avec sur ce nouvel album une collaboration comme seul le label franco-anglo-canadien sait en produire, avec le vidéaste Defasten. Openland se présente donc sous deux volets, avec d’une part un CD composé par Andrew Coleman, et d’autre part un DVD réalisé par Defasten, avec une bande son de Coleman.

L’album est plutôt surprenant, inclassable, le musicien étant adepte des cassures et changements de styles impromptus. On débute ainsi par une douce mélodie de guitare acoustique, subissant de subtiles effets de syncope faisant montre de l’usage de l’électronique, quelques samples vocaux se glissent là puis des grognements de laptop et souffles grésillants concluent ce Repeat And Bridge dans un final bruitiste. Étonnante cette façon d’accrocher l’auditeur avec des mélodies simples et belles (tintements acoustiques de Alien And Wait ou Waves, bleeps très electronica de Sine 234) et de les détériorer dans une certaine abstraction que ce soit dans un apaisement ambient (Abbey Again) ou dans un chaos bruitiste, fait de saturations, syncopes et hachages. Si vous êtes aussi bien adeptes d’un solo de piano néoclassique Alien And Wait que de grooves mécaniques (Tonka, Abbey Again), cet album est fait pour vous, les autres devront s’accommoder de cet effet zapping, finalement parfait reflet de notre société contemporaine.

Mais c’est peut-être aussi dans le DVD que cette musique trouve le mieux sa place puisque Defasten (de son vrai nom Patrick Doan) a utilisé la musique de l’Anglais pour illustrer son film, Openland. Alors que l’on est habitué à voir de belles images, souvent abstraites, mises en musique, Defasten nous offre ici un véritable documentaire d’un peu plus d’une heure, alternant interview face caméra ou en voix off, travellings urbains, et défilés de paysages montagneux via Google Earth.
La première chose qui marque, c’est de voir à quel point image et musique ne font plus qu’un, les paysages et mers désolés se mariant à merveille à l’ambient de Coleman. Et puis très vite c’est le propos qui prend le dessus au travers des interviews. Quelques personnes déracinées ou ayant cherché à voir ailleurs, transformées par la découverte d’une autre culture, posent des questions sur l’identité, la culture et son influence sur notre perception de la vérité, l’évolution de la nature humaine, l’apprentissage du passé... Véritable hymne à la différence, à la multi-culturalité, visuellement travaillé tout en restant sobre, ce film donne tout son sens à ce type de collaboration. En bonus, quelques courts métrages de Defasten viennent compléter le DVD.

Fabrice ALLARD
le 03/07/2010

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