[bleu]

Sincère Autopsie de la Finesse

(Noir Productions / Internet)

 date de sortie

00/10/2009

 genre

Rock

 style

Electronica / Post-Rock

 appréciation

 écouter

5 titres complets (MP3)

 tags

Electronica / Noir Productions / Post-Rock / [bleu]

 liens

[bleu]
Noir Productions

 autres disques récents
Resina
s/t
(130701)
Altars Altars
Small Hours
(Home Normal)
Monty Adkins
Unfurling Streams
(Crónica Electronica)
Dakota Suite | Vampillia
The Sea Is Never Full
(Karaoke Kalk)

[bleu] est un duo franco-suisse basé entre Grenoble et Genève, construit autour d’une formule piano / batterie, qui s’enrichit ensuite de guitare, électronique et voix en fonction des amis qui viennent prêter main forte. Le duo n’est pas signé mais a décidé de monter sa propre structure (Noir Productions) afin de sortir ses propres productions et d’aider à la promotion d’artistes d’univers variés.

Ce premier album est sorti l’an dernier et a déjà fait l’objet de jolis retours. Il faut dire que les deux hommes sont plutôt doués pour faire illusion, donnant l’impression d’écouter un véritable combo post-rock, créant à deux un univers d’une richesse étonnante, certainement le fruit d’un amour pour la musique au sens le plus large.
L’album d’un petite quarantaine de minute est divisé en 5 pistes dont trois titres qui permettent de bien cernez l’univers sonore du duo, et deux autres plus proche de l’interlude sur lesquels [bleu] prend du recul, brouille les pistes, expérimente. Ainsi, si l’on se situe globalement dans un registre post-rock, le court Didaskalia n’est composé que de voix, chœurs religieux faisant penser à un cantique. Un peu plus loin, Didascalus enchaine sur des nappes électroniques, frétillements pianistiques et fine rythmique electronica composée de glitchs et claquements, surprenant et du plus bel effet.

Mais [bleu] c’est avant tout ces longs développements qui, sur la forme pourraient évoquer cette vague de post-rock épique dont le duo se détache en fait clairement. Tout débute par des mélodies de piano douces-amères dont la répétition pourra faire penser à Philip Glass, puis la rythmique apparaît à la fois frétillante et sèche, et très vite le morceau explose dans un déluge de glockenspiel et cuivres entêtants sur le sublime Temps Temps Temps Temps Temps qui ouvre l’album. L’instrumentation est un peu plus classique sur Auto-Gerbés puisqu’ici la basse vient accompagner le piano dès l’intro, et c’est la voix qui nous surprend, feutrée, dans une langue étrange, certainement jouée à l’envers, nous faisant ici penser à Sigur Ros. Un peu plus loin le texte revient en français, "la vie est ailleurs" et le duo nous emmène avec lui vers des glockenspiels étincelants et des guitares rock puissantes.
Avec ses 18 minutes, le dernier titre est d’une construction moins figée et apparaît comme beaucoup plus cinématographique avec ses tensions, samples urbains, et bruitisme électronique, avant que des voix sombres et plaintives ne surgissent dans une apparition mystique. Après quelques instants de silence (morceau bonus ?), l’album s’achève en toute sérénité et apaisement avec une sorte de trip-hop ambient doux, plaisant mais moins aventureux.

Un premier album éclectique mais cohérent et une véritable volonté de recherche sans pour autant se perdre dans l’expérimentation gratuite permettent à [bleu] de nous offrir un premier essai séduisant et équilibré, apportant un peu d’air frais dans un genre qui s’est bien essouflé. "Offrir" au sens propre puisque ceux qui sont prêts à se contenter d’une version numérique pourront le télécharger gratuitement tandis que les autres pourront donner quelques euros en échange d’un objet physique (liens sur le site de groupe).

Bonus : la vidéo de Temps Temps Temps Temps Temps :

Fabrice ALLARD
le 10/07/2010