Food

Quiet Inlet

(ECM / Universal Music)

 date de sortie

19/04/2010

 genre

Jazz

 style

Expérimental

 appréciation

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5 Flashs (extraits)

 tags

Arve Henriksen / ECM / Expérimental / Food / Thomas Strønen

 liens

Arve Henriksen
Thomas Strønen
ECM

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Avec une signature sur ECM, on imaginait bien que Food allait faire évoluer son univers musical afin de s’adapter, sinon aux exigences, du moins à l’esthétique du célèbre label allemand : ampleur du son, richesse des compositions et dimension évocatrice poussée. Au-delà de ces aspects, la venue du duo sur ECM leur a probablement conféré davantage de moyens, et surtout la possibilité de convier à leurs côtés deux prestigieux invités : Nils Peter Molvær et Christian Fennesz. Jamais présents en même temps, ces deux musiciens interviennent à tour de rôle sur l’album (sur quatre des sept titres pour le Norvégien, sur les trois autres pour l’Autrichien) en contrepoint des instruments joués par Iain Ballamy et Thomas Strønen.

Ainsi, sur Tobiko et Mictyris, les rythmiques électroniques de Fennesz dialoguent sans peine avec les percussions diverses de Strønen, si bien qu’on éprouve parfois des difficultés à identifier leur travail respectif. Sur ce tapis polyrythmique, Ballamy peut alors poser un saxophone aux interventions majoritairement improvisées mais qui, ainsi qu’on en a pris l’habitude avec Food, ne versent pas dans la démonstration de bravoure free. Plus encore, lorsque Fennesz passe des rythmiques à la guitare (traitée, mais claire en même temps, comme sait si bien le maîtriser l’Autrichien), le saxophone prend de superbes atours lyriques et ensoleillés (Fathom).

L’impression de traverser d’immenses espaces sonores se trouve encore plus renforcée sur les quatre morceaux accueillant Nils Peter Molvær. Dans une sorte de mini-compétition avec Ballamy, chacun s’efforce en effet de donner un maximum d’ampleur à son instrument : la trompette du premier étant, par construction, moins grave et arrondie, livrant des partitions moins liées et plus free, que le saxophone du second (Chimarea). Mais, en toute hypothèse, leur échange s’avère plus que fructueux, tandis que les cymbales de Strønen roulent en arrière-plan et que ses toms sont à peine effleurés, comme par crainte de déranger cette discussion au sommet.

François Bousquet
le 21/07/2010

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