Eleh

Location Momentum

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

01/03/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental / Minimal

 appréciation

 écouter

Heleneleh (extrait MP3)

 tags

Ambient / Drone / Eleh / Expérimental / Minimal / Touch

 liens

Touch
Eleh

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Vous n’aviez jamais entendu parler de Eleh avant cet album ? C’est à peu près normal puisque Eleh a une démarche bien particulière, qui entoure ce projet d’un certain mystère. On aura tendance à penser qu’il s’agit d’un projet solo pour être aussi monolithique, et on misera sur un/une artiste américain(e) puisque la plupart des précédents disques de Eleh sont sortis sur le label Important Records. Eleh se concentre sur l’étude de la résonance, des basses fréquences et de la synthèse analogique au point de ne sortir ses disques que sur support vinyle et en quantité très limité ce qui contribue à faire de cet artiste une véritable curiosité. Cette arrivée chez Touch (si l’on omet un split avec Nana April Jun fin 2009) est l’occasion de passer au CD (mais pas au téléchargement !) et de faire découvrir Eleh à un plus large public.

On prend la pleine mesure du travail de Eleh à l’écoute du premier titre de cet album, en forme de palindrome (Heleneleh), à se demander si ce n’est pas le prénom de l’artiste qui est caché ici. On rentre ainsi dans le vif du sujet avec ce premier morceau de 20 minutes uniquement composé de ronronnements de machines. Une tonalité grave et oscillante, quelques minutes plus tard une autre plus aiguë vient se mêler à la première pour se croiser sans cesse, de manière inéluctable. La rigueur chirurgicale avec laquelle Eleh applique son dispositif d’étude sonore force au respect et transporte l’auditeur vers des territoires encore vierges. Il y a là un peu du drone, mais sans jouer pour autant sur une multiplication infinie de fréquences. Eleh s’attache à une certaine simplicité de forme, au minimalisme en évitant tout systématisme.
Si l’expérience sonore de ce premier titre peut paraître extrême, on remarquera que le procédé est à peu près le même sur les morceaux qui suivent (répétition, minimalisme) mais s’applique sur divers type de sonorités. Sifflements, souffles et grave battement stroboscopique (on pense aux pales d’un hélicoptère) sur Circle One : Summer Transcience, souffles industriels et grincements sur Observation Wheel, cliquetis et ronronnements sur Rotational Change For Windmill. Chaque source sonore arrive progressivement, s’installe, puis disparait, que ce soit pas une variation de volume sonore, ou de fréquence pour les sonorités rythmiques qui, à force de ralentir crée des vides immenses au sein desquels l’auditeur aura plaisir à se perdre.

Aussi bien dans les titres que dans la composition, l’auteur semble obsédé(e) par les éléments circulaires qui vont de pair avec le principe de répétition, de mouvement perpétuel (grande roue, moulin à vent). Location Momentum est un peu comme ces choses qui bougent et restent immobile en même temps. Écouter cet album c’est un peu comme regarder la mer : à la fois en mouvement permanent et toujours la même, immobile, suivant que l’on s’attache au détail ou à l’ensemble.

Fabrice ALLARD
le 18/07/2010

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