Dreamlands

 date

du 05/05/2010 au 09/08/2010

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Andreas Gursky / Centre Pompidou / Christophe Berdaguer et Marie Péjus / Kader Attia / Laurent Grasso / Martin Parr / Mike Kelley / Pierre Huyghe / Thomas Struth

 liens

Centre Pompidou

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Présentée fort opportunément au moment où s’ouvre l’exposition universelle de Shanghai, Dreamlands ambitionne de montrer en quoi les parcs d’attraction ont irrigué l’architecture urbaine jusqu’à créer des villes plus proches des Luna Park que des cités fonctionnelles d’antan. Intelligemment accrochée de manière diachronique (hormis les deux premières salles qui posent le débat en remontant à l’exposition universelle parisienne de 1889 et au pavillon surréaliste conçu par Salvador Dalí pour la Foire internationale de New York en 1939), Dreamlands mélange aussi astucieusement installations, photos et vidéos.

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Kader Attia - Untitled (Skyline)
(courtesy Galerie Anne de Villepoix)

Ainsi que le laissait imaginer le postulat initial, on se rend rapidement compte que la science-fiction a été rattrapée par la réalité. Le Fun Palace, projet utopique des années 60, trouve un prolongement avec une maquette du Centre Pompidou lui-même tandis que les villes fantasmées par Cao Fei et Christophe Berdaguer et Marie Péjus ressemblent par endroits à ce qu’est devenue Dubaï. La fascination de certaines villes comme New-York conduit Kader Attia à reproduire la Manhattan skyline à l’aide de frigos sertis de tesselles de miroir et Malachi Farrell à doter les buildings de bras articulés pour leur faire faire de l’aérobic au milieu de cartons d’emballage usagés.

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Yin Xiuzhen - Portable City : New York
(courtesy de l’artiste)

Naît alors la volonté des plasticiens de reproduire, avec distance et ironie, ce monde qui les entoure. Joachim Mogarra peut ainsi réaliser les séries Les Lieux de la Foi et Images du Monde à base de pommes de terre sculptées pendant que Miguel Egaña découpe le faisceau de branchettes d’un balai pour lui donner la forme de la Tour Eiffel et balayer toutes les Tours Eiffel miniatures qui jonchent le sol (Balaiffel). Ce décalque factice trouve aujourd’hui sa plus grande résonance avec ces parcs d’attraction chinois où on peut voir la plupart des grands monuments mondiaux. Jia Zhang Ke y situe l’action de son The World et Wei Liu utilise de la pâte pour os à mâcher pour les recopier façon maquette (Love It ! Bite It !). Même souci de représenter un monde miniaturisé avec la micro-ville de Kingelez Bodys Isek, la valise d’Yin Xiuzhen et ses buildings en tissu ou les photos de Julia Fullerton-Batten (série Teenage Story avec ces adolescentes évoluant, comme Gulliver ou Alice, dans un univers miniature).

La reconstitution peut aller de ces formes plutôt poétiques jusqu’à la vulgarité kitsch de Las Vegas (photographiée par Thomas Struth ou Martin Parr) en passant par la ville et la communauté imaginées par Pierre Huyghe dans son film Streamside Days in an Annual Celebration et la vidéo tournée par Laurent Grasso dans les décors vides de Cinecittà. On revient alors aux villes rêvées comme l’EPCOT de Walt Disney ou Kandor de Mike Kelley, capitale de Krypton, planète d’origine de Superman, attestant que la science-fiction a réussi son travail d’irrigation.

François Bousquet
le 24/07/2010

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