Rita Ackermann : Last Exit To Poitiers

 date

du 28/05/2010 au 22/08/2010

 salle

Confort Moderne,
Poitiers

 appréciation
 tags

Confort Moderne / Rita Ackermann

 liens

Confort Moderne
Rita Ackermann

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Trois semaines avant le vernissage de ce Last Exit To Poitiers et alors qu’elle revenait d’une résidence à la Fondation Donald Judd, à Marfa au Texas, Rita Ackermann s’est installée au Confort moderne. Cette présence en amont lui a permis de produire spécifiquement pour ce lieu de grandes toiles, qui, associées à quelques autres, composent donc cette exposition.

Cette appropriation de l’espace vient naturellement interférer dans son travail, les matériaux et le style très urbain de sa peinture résonnent ainsi avec le caractère industriel de l’entrepôt-galerie. Plus encore, le fait que la plupart des toiles aient été réalisées in situ, les traces de peinture encore visibles au sol ou sur les murs, la présence de vidéos de son ami Harmony Korine ou la présentation simultanée de toiles préparatoires et de travaux finis conduisent cette appropriation davantage vers une résidence ou la transplantation de son atelier que vers une traditionnelle exposition muséale.

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Rita Ackermann - Grand Bleu
(courtesy du Confort moderne)

Les très grands formats auxquels a eu recours la New-Yorkaise lui permettent de surcroît d’utiliser beaucoup de matière, d’aller même jusqu’à apporter un peu de relief à certaines œuvres sans pour autant que celles-ci ne paraissent trop chargées. En revanche, l’abstraction des personnages éloigne toute dimension politique qui aurait pu cependant être présente, notamment lorsqu’on constate, par exemple, la récurrence de la figure féminine dans ses travaux (à l’image de Grand Bleu, sorte de re-création d’une vierge à l’enfant). En vérité, il faut attendre la rencontre, dans une des salles du Confort moderne, avec Harmony Korine, convié à présenter un court-métrage tourné à La Havane, pour que cette approche apparaisse. De fait, tandis qu’un personnage inquiétant erre dans la capitale cubaine, dans un ambiance à la Gummo, un texte annonciateur d’une révolution communiste est lu en voix off ; en outre, des photogrammes tirés de ce court-métrage ont été retouchés à la peinture ou au collage par Ackermann. Affleure alors une forme de portée politique d’un travail face auquel on est plutôt resté extérieur par ailleurs.

François Bousquet
le 26/07/2010

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