Erdem Helvacioğlu & Per Boysen

Sub City 2064

(Autoproduit)

 date de sortie

03/04/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electroacoustique / Progressif

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Album complet (Bandcamp)

 tags

Ambient / Autoproduit / Electroacoustique / Erdem Helvacioğlu / Progressif

 liens

Erdem Helvacioğlu

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Erdem Helvacioğlu est un jeune artiste turque déjà reconnu dans la sphère des musiques expérimentales et électroacoustiques. Nous avons déjà parlé plusieurs fois de lui à l’occasion de la sortie de ses albums Altered Realities et Wounded Breath. Pour cette nouvelle production il a collaboré à distance avec le Suédois Per Boysen, principalement connu pour son travail d’improvisateur à base de boucles live de saxophone et guitare. Le travail de Per Boysen est généralement assez teinté d’influences psyché, voire prog-rock.

Les deux artistes ont composé ici la musique d’un film imaginaire qu’ils décrivent eux mêmes comme un film de science-fiction glacé. La vie semble impossible à la surface de la terre et la population s’est installée sous l’eau. La surface de la mer a remplacé le ciel, des histoires se racontent autour de la vie d’avant, cette civilisation sous-marine cultive des algues en attendant que le niveau de particules dangereuses baisse suffisamment pour remonter à la surface. Ça pourrait faire un bon film, mais nous n’en aurons ici que les contours, les ambiances joliment esquissées.
Les deux musiciens ont clairement une approche différente de la musique, et si le travail à distance ne semble pas être un problème ici, on sera un peu plus gêné par ce mélange d’un travail électroacoustique très fin, et d’envolées de cuivres ou guitares électriques un peu trop lourdes. Ainsi en fonction des morceaux on est tour à tour sous le charme ou perplexe devant une certaine facilité. Ça commence superbement avec les guitares abstraites et granuleuses de Radiation Patrol, des déchirements qui pourront faire penser au passage d’un hélicoptère, on sera plutôt séduit par le blues futuriste de Legends of Lost Land qui rappellera celui de Blade Runner, ou les drones inquiétants de Pump Five Accident qui rivalisent avec des improvisations de saxophone. Le duo parvient plutôt bien à créer des ambiances, généralement plus douces que ce que le scénario pourrait laisser présager, les guitares d’Erdem Helvacioğlu étant généralement lumineuses sur des pièces ambient telles que Harvesting Alga ou le superbe Wedding At Coral Plateaux.
On sera par contre plus réservé sur quelques boucles électroniques acides sur Metal Sky et surtout la guitare doom de Reef Edge Race qui forme pourtant un original duo avec une boite à rythme. Comme on le disait plus haut, les guitares acoustiques du Turc sont superbes sur New Prospects mais elles se font malheureusement rattraper par les élans progressifs du Suédois à la guitare électrique. Autre erreur de parcours, Future Wide Open et son tempo reggae, pour un film qui se terminerait avec une lueur d’espoir... on aurait imaginé d’autres couleurs musicales.

Le résultat est assez étrange. On a d’une part une musique très électroacoustique à base de sessions d’improvisations et un traitement électronique finement ciselé, d’autre part des facilités musicale qui tombent à plat. Il y a pourtant une certaine cohérence d’ensemble, de très belles ambiances et de jolis assemblages.

Fabrice ALLARD
le 01/08/2010

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