Fenn O’Berg

In Stereo

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

05/03/2010

 genre

Electronique

 style

Drone / Expérimental / Glitch

 appréciation

 tags

Drone / Editions Mego / Expérimental / Fenn O’Berg / Fennesz / Glitch / Jim O’Rourke / Peter Rehberg / Pita

 liens

Fennesz
Peter Rehberg
Jim O’Rourke
Pita
Editions Mego

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On peut parler d’événement puisque cela fait 8 ans que le trio composé de Fennesz, Jim O’Rourke et Peter Rehberg n’avait rien sorti si l’on met de côté la réédition l’an dernier de The Magic Sound Of Fenn O’Berg et The Return of Fenn O’Berg sous forme d’un double album enrichi de quelques raretés. C’est aussi la première fois que les trois artistes se retrouvent officiellement sous le nom de Fenn O’Berg puisque l’on trouvait jusque là ce terme uniquement dans les titres des albums, comme s’il s’agissait d’un personnage de fiction servant de fil rouge.

Avec le temps, tout change, et Fenn O’Berg ne déroge pas à la règle. Le trio considère même qu’il s’agit là de leur premier véritable album studio, intégrant de véritables instruments alors qu’ils travaillaient jusque là principalement à partir de séquences enregistrées lors de leurs performances live. On a tout de suite l’impression que le Fenn O’Berg nouveau s’est calmé, l’album s’ouvrant sur une longue intro purement ambient, à base de souffles et glissements de nappes, débouchant sur un piano rebondi et quelques crissements de laptop (Part III). On devine là une réelle construction alors que les précédents travaux du trio laissaient une large place à l’improvisation, et cette construction se reproduit assez régulièrement tout au long de l’album avec des morceaux de 7 à 13mn qui débutent de manière relativement calme pour se faire envahir petit à petit par un amas de sonorités à consonances industrielles (Part IV) ou un drone électronique ample sur Part VII.
Ce schéma un peu répétitif est en partie éclipsé par la richesse de la palette sonore employée pour composer l’album. L’intro de Part VII sonne par exemple très électroacoustique typée GRM, alors que le final de Part VI voit apparaître des bleeps électroniques francs et proche de ce que l’on entend généralement par electronica. On retrouve bien sûr tout l’éventail de glitchs et data errors dont les artistes Mego restent les spécialistes (cliquetis, grésillements, craquements), de nombreux effets numériques viennent brouiller ou hacher le son, mais un piano ou la guitare granuleuse de Fennesz arrivent parfois en complément (Part V), une batterie aussi vient perturber la quiétude de Part I.

Ce qui marque globalement à l’écoute de ce troisième album, et peut-être est-ce le passage de l’improvisation à la composition qui en est responsable, c’est le passage d’une musique récréative (le projet lui-même l’était peut-être aussi !) à une musique plus sérieuse, sans pour autant sombrer dans l’expérimentation à tout prix. On obtient du coup un très bel album, très équilibré et très prenant. Pour les amateurs de vinyles, on précisera que le double LP est enrichi d’une piste supplémentaire.

Fabrice ALLARD
le 08/08/2010

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