Micro Festival : Efterklang / Kelpe / Action Beat / Panico / Black Diamond Heavies

 date du concert

07/08/2010

 salle

Espace 251 Nord,
Liège

 tags

Action Beat / Efterklang / Espace 251 Nord / Jaune Orange / Kelpe

 liens

Kelpe
Efterklang
Action Beat
Espace 251 Nord
Jaune Orange

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Le collectif liégeois Jaune Orange, actif dans l’organisation de concerts rock indé depuis une dizaine d’années, réalise enfin un vieux rêve : programmer son propre festival. Une rencontre à taille très humaine, en plein coeur de la cité ardente, où tout ce que celle-ci compte comme amateurs de musique s’est retrouvé dans une ambiance décontractée, autour d’une scène unique sur laquelle se sont succédé huit groupes témoignant d’une diversité de styles bienvenue.

Nous arrivons sur le coup de 17 heures, quelques minutes avant le début de la performance explosive d’Action Beat, réunion de potes de longue date qui n’aspire qu’à défendre vigoureusement sur scène leur premier opus paru l’an dernier, le bien nommé The Noise Band From Bletchley. C’est en effet de cette petite bourgade du nord de l’Angleterre (située juste au sud de Liverpool et Manchester) que provient ce groupe surprenant, composé ici de trois batteurs, quatre guitaristes et un bassiste. Parfois (trop) bruitiste, voire brouillon, mais incontestablement jouissif et communiquant à un public réceptif un enthousiasme rock de bon aloi, voici un set qui exprima pleinement la fougue d’une jeunesse complice qui n’aspire qu’à jouer, jouer encore et toujours. Leurs compos, exclusivement instrumentales, sont faites de riffs puissants noise-rock, lorgnant par moments presque vers une forme de punkabilly, pour ainsi dire. Evoquant l’exubérante scène no-wave new-yorkaise de la fin des années ’70, transposée dans la grisaille du nord de l’Angleterre, voici une prestation ébouriffante et sympathique.

Pas grand chose à dire du groupe suivant, Black Diamond Heavies. Du bon gros (blues-)rock aux relents sudistes, brut de décoffrage, avec batterie nerveuse et - particularité - des guitares jouées aux claviers, par un chanteur à la voix rauque et à la présence animale. Cela semble plaire à d’autres oreilles que les nôtres, même si on a déjà entendu bien pire. Rien de nouveau dans la planète du pur rock, mais c’est exécuté avec conviction et sans concession.

Vient le moment attendu pour nous, les retrouvailles avec Kelpe, aka Kel McKeown, et son comparse batteur. Après Ex-Aquarium en 2008, suivi d’un album de remixes, le Londonien nous a gratifié l’an dernier de son troisième long-format, Cambio Wechsel. Fort logiquement, son set du jour a principalement tourné autour de ces deux opus ; il faut dire que l’inflexion prise par rapport au fabuleux premier album Sea Inside Body a conduit Kelpe sur le chemin d’une IDM hip hop s’éloignant quelque peu de l’electronica pure, comme on a déjà eu l’occasion de l’écrire ici. La proposition musicale convainc sans époustoufler : ça ne flamboie pas, nulle trace d’esbroufe ou d’effets faciles, juste - et c’est bien assez ! - une immédiate sincérité roborative, avec mélodies subtiles et non oppressantes, presque intuitives, et un travail soigné sur les chuintements opérant les transitions. Morceaux finement charpentés, allusifs, où les notes claires se marient judicieusement avec une batterie frappée fermement mais délicatement, qui offre un souffle organique sec, non appuyé, bienvenu. Ce sera aussi l’unique live act accompagné de visuels (abstraits, colorés, neigeux et aquatiques), sobres et agréables. Nous nous sommes bien entendu empressé de le prolonger par l’acquisition du dernier album en date du talentueux Anglais.

C’est avec un égal plaisir que l’on retrouvait les Danois Efterklang, qui en sont eux aussi à leur troisième album en un peu plus de cinq ans d’activité (ponctués aussi de deux très intéressants EP et d’un album live), le tout récent Magic Chairs. Ici aussi, on constate une inflexion de style entre leur premier opus, le très éthéré et excellent Tripper, et les deux suivants qui adoptent une tournure plus pop, sans toutefois se départir de la profondeur et de l’amplitude dont cet octet scandinave est coutumier. Guitares, basse, batterie, claviers, flûte, trombone, trompette, tambourins : c’est dans une sorte de petit monde enchanté, un univers très personnel, que nous sommes conviés. On confesse avoir eu un peu de mal à rentrer pleinement dans le set au début de celui-ci ; en revanche, la deuxième partie nous a davantage convaincu, entre pop symphonique et musique de chambre aux accents folk. Concentrés, inspirés et complices, les musiciens ont visiblement apprécié l’accueil qu’un public liégeois conquis leur a réservé. Au final, un bien beau moment en apesanteur, largement centré sur le dernier album et son prédécesseur Parades.

Le dernier groupe à l’affiche était pour nous une curiosité lointaine, puisque Panico nous vient du Chili. L’album Subliminal Kill, sorti sur Tigersushi en 2005, est plaisant, sans plus ; le set de ce soir s’avéra plus convaincant, sans atteindre aucun sommet. Panico pratique un dance-rock évoquant LCD Soundsystem, Radio 4 ou Yeah Yeah Yeahs ; pêchu tout en demeurant sage, efficace mais dépourvu de génie, leur set signa plaisamment la fin d’un festival extrêmement agréable, auquel un espère un avenir prometteur tout en souhaitant qu’il reste à taille humaine et conserve son éclectisme et sa bonne humeur.

Gilles Genicot
le 09/08/2010

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