Camille Henrot : Perspectives

 date

du 04/06/2010 au 05/09/2010

 salle

Espace culturel Louis Vuitton,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Henrot / Espace culturel Louis Vuitton

 liens

Espace culturel Louis Vuitton

 dans la même rubrique
du 19/01/2017 au 16/04/2017
Strange Days
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 06/01/2017 au 09/04/2017
Stéphane Duroy : Again And Again
(Le Bal)
du 20/01/2017 au 02/04/2017
Lola Gonzàlez : Rappelle-toi de la couleur des fraises
(Crédac)
du 24/01/2017 au 11/03/2017
Caroline Mesquita : The Ballad
(Fondation d’entreprise Ricard)

Il existe de nombreux avantages à être un espace culturel adossé à une enseigne luxueuse comme Louis Vuitton : accueil par des jeunes gens en robe et costume noirs impeccables, accès au lieu d’exposition en empruntant un ascenseur plongé dans la pénombre qui est en réalité une œuvre commandée à Olafur Eliasson, possibilité de visiter l’exposition à l’aide d’un vidéo-guide mis sur l’un des iPods disponibles à l’entrée, catalogue classieux (couverture cartonnée rigide, cinquante-deux pages bilingues en quadrichromie) offert à la sortie. Sur le plan artistique, le prestige permet également de proposer à des créateurs encore jeunes une belle vitrine. C’est précisément le cas de Camille Henrot, jeune Parisienne déjà croisée au Prix Fondation d’Entreprise Ricard 2008 (et qui est, par ailleurs, en lice pour obtenir le Prix Marcel-Duchamp cet automne).

JPEG - 16.8 ko
Espèces menacées
(courtesy Galerie Kamel Mennour)

La douzaine de pièces ici présentée voit principalement la jeune femme utiliser des matériaux contemporains pour réaliser des objets aux apparences ou motifs primitifs. Ainsi, des assemblages de durites usagées prélevées sur de vieilles voitures forment des sculptures très « arts premiers » (Espèces menacées), des roues de camion composent un lustre (Energeia Akinesis) et des ailes d’avion un totem (Prix du danger) tandis qu’un tapis représentant des immeubles et usines imite les motifs des Indiens Navajo (Architecture mobile). Reprenant une perspective vue chez d’autres plasticiens (on pense notamment aux masques anciens de Mathieu Mercier faits à partir de serre-fils), Camille Henrot en active les mêmes ressorts pour une même réussite. De fait, à la familiarité distancée qui naît de la reconnaissance des matériaux s’ajoute une réflexion sur l’acculturation, voire sur l’appropriation des traditions de l’autre.

Cette dimension ethnologique, quasi-politique, peut également se teinter d’une légère ironie quand la Parisienne agence une lance à incendie à la manière du symbole de l’infini, comme pour moquer la recherche d’équilibre et de continuité que symbolisait, chez les Mélanésiens, l’échange d’un objet de cette forme au moment du mariage (Tevau (italien)). On passera en revanche plus rapidement sur Scope, étirement vertical d’un film au format Cinémascope, Cynopolis, tentative de juxtaposition des pyramides égyptiennes et des touristes, et Objets augmentés, série d’objets domestiques plongés dans le goudron afin d’en augmenter le volume, pour retourner vers les travaux plus convaincants de Camille Henrot décrits précédemment.

François Bousquet
le 12/08/2010

À lire également

du 06/02/2015 au 03/05/2015
Le Fil Rouge
(Espace culturel Louis)
du 18/11/2011 au 19/02/2012
Anicroches
(Espace culturel Louis)
du 11/06/2010 au 05/09/2010
Dynasty
(Musée d’Art Moderne de (...))
du 01/02/2013 au 05/05/2013
Correspondances
(Espace culturel Louis)