Dirac

Phon

(Valeot Records / Import)

 date de sortie

17/05/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Improvisation / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Ambient / Dirac / Electroacoustique / Expérimental / Improvisation / Kutin / Valeot Records

 liens

Valeot Records
Dirac

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C’est la première fois que l’on parle de Dirac sur ces pages, mais il s’agit là du troisième album de cette formation déjà présente sur la structure belge U-Cover ou encore sur le prestigieux label japonais Spekk qui sortait Emphasis à l’automne dernier. C’est avec le label autrichien Valeot Records (Port Royal, Tupolev, Alexandr Vatagin) que l’on découvre ce trio composé de Daniel Lercher, Florian Kindlinger et Peter Kutin que l’on avait déjà croisé en solo sous le simple nom de Kutin avec un très bel album ambient chez Karate Joe en 2007.

Phon est composé d’une unique pièce de 42mn, fruit d’une séance d’enregistrement réalisée en studio et que l’on retrouve ici dans son intégralité. On supposera donc la pièce largement improvisée dans un premier temps avant d’être retravaillée, enrichie en post-production. 42mn qui se composent de quatre parties schématisée sur la pochette, peut-être la ligne directrice que le trio s’était fixé comme point de départ.
On commence par une courte introduction faite de grésillements, sample aquatique et tonalités électroniques épurées, les trois hommes se produisant principalement aux machines. On sera alors surpris par l’importance des sonorités acoustiques sur cet album avec des grincements et boucles de cordes répétitives et la clarinette basse de Susanna Gartmayer (qui joue également au sein du Vegetable Orchestra), ces éléments se relayant, se croisant, multipliant les couches dans une lente progression, parfaitement maîtrisée et fort prenante quand les instruments flirtent avec la saturation, délivrant alors des textures grésillantes.

A mi-parcours, tout se calme rapidement et on aborde la troisième partie sous forme de réponse électronique. Les cordes hésitantes sont toujours là, répétitives à en devenir hypnotiques, mais habillées d’un épais manteau de ronronnements de machines, proche d’un drone bientôt grésillant, saturé, proche de la guitare électrique et ponctués d’un martèlement détaché, comme absent. On pense alors à ces groupes de post-rock et leurs murs de guitares saturées, surprenant sur ce disque qui était bien loin de ces sphères. La dernière partie de 7-8mn change nettement de style avec des bleeps aquatiques, et des field recordings mêlant clapotis de l’eau, vols d’insectes et tintement métalliques. L’improvisation est ici de retour sur un joli final ambient où semble flotter un mélodica, des sifflements aigus, et quelques tintements lointains.

Aussi bien susceptible de plaire aux amateurs d’ambient ou de musiques improvisées, la musique de Dirac se révèle être riche, pleine de surprise, à la fois expérimentale et accessible, belle et intéressante.

Fabrice ALLARD
le 14/08/2010

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