Phonophani

Kreken

(Rune Grammofon / Differ-ant)

 date de sortie

21/06/2010

 genre

Rock

 style

Expérimental

 appréciation

 écouter

2 morceaux complets (Flash)

 tags

Expérimental / Phonophani / Rune Grammofon

 liens

Phonophani
Rune Grammofon

 autres disques récents
Luminance Ratio
Honey Ant Dreaming
(Alt.Vinyl)
Extreme Precautions
I
(In Paradisum)
Lawrence English + Stephen Vitiello
Fable
(Dragon’s Eye Recordings)
Eluvium
False Readings On
(Temporary Residence Ltd)

De plus en plus rare (son précédent album avait paru il y a six ans), Phonophani choisit, pour ce Kreken de quitter les rivages électroniques majoritairement développés auparavant pour s’attacher à une musique plus organique, composée à partir d’instruments traditionnels norvégiens. Déjà un peu à l’œuvre dans Oak Or Rock, cette dimension organique se traduisait alors par l’apparition d’un violoncelle ou une participation chantée ; mais celles-ci étaient alors toujours mêlées à des éléments synthétiques. Cette fois-ci, c’est « à nu » qu’interviennent ces instruments, approche probablement plus à même de distinguer les subtilités de ces accessoires.

Partant, le résultat se fait aussi un peu plus rêche que par le passé, mettant en lumière la rugosité de certaines sonorités, en l’absence du liant que pourrait constituer une nappe d’arrière-plan ; et ce n’est pas le léger traitement électronique opéré a posteriori qui change grand-chose à l’affaire. En outre, ce caractère âpre se trouve renforcé par la superposition des pistes vocales jouant volontiers sur la dissonance ou le frottement (Mendel où on retrouve au chant Jenny Hval - Rockettothesky -). De même, la guitare de David Grubbs, lui aussi convié sur ce disque, peut collaborer sans interférence majeure (Morki).

Cependant, il ne s’agirait pas d’effrayer le futur auditeur en laissant imaginer qu’on tient là un album particulièrement difficile à écouter ou nécessitant une bonne dose de courage pour s’y plonger. Kreken recèle en effet quelques passages apaisés (Tuv, Nold), salutaires havres ente deux morceaux plus expérimentaux, ou certains titres dans lesquels on retrouve les petites bribes mélodiques électroniques chères à Espen Sommer Eide (Neverdal, Blaflat). Avec ces réminiscences de ses enregistrements passés, le Norvégien prouve que, même en allant vers des territoires moins électroniques, il n’a rien perdu de ses qualités premières.

François Bousquet
le 24/08/2010

À lire également

Albatrosh
Yonkers
(Rune Grammofon)
Svalastog
Woodwork
(Rune Grammofon)
Skyphone
Fabula
(Rune Grammofon)
Thomas Strønen
Pohlitz
(Rune Grammofon)