Dynasty

 date

du 11/06/2010 au 05/09/2010

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Antoine Dorotte / Bettina Samson / Camille Henrot / Daniel Dewar et Grégory Gicquel / Farah Atassi / Florian Pugnaire / Julien Dubuisson / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Oscar Tuazon / Stéphanie Cherpin / Vincent Ganivet / Vincent Mauger

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Si l’objectif du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et du Palais de Tokyo était d’obtenir un large écho à leur exposition commune, c’est diablement réussi. De fait, Dynasty, présentation conjointe de quarante jeunes créateurs, a connu une large couverture depuis début juin et cette chronique arrive peut-être un peu tardivement pour qui suit l’actualité artistique. Pour autant, on ne pouvait passer sous silence un événement qui, deux ans après la petite monographie consacrée à Jonathan Monk, voit les deux institutions travailler à nouveau de concert. Faute de thématique commune ou de ligne directrice véritable (hormis le fait d’avoir moins de 35 ans et d’être Français ou travaillant en France), on optera alors pour une recension qui suivra un schéma déjà éprouvé pour les compilations musicales touffues (au risque, assumé, de faire un peu catalogue). Après s’être attaché aux artistes déjà évoqués dans ces pages, on évoquera ainsi ceux non encore mentionnés ici et qui nous ont intéressés, laissant donc de côté les « découvertes déceptives ».

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Oscar Tuazon - Kodiac
(courtesy Galerie Balice Hertling)
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Camille Henrot - Dear Survivor
(courtesy Galerie Kamel Mennour)

Dans un Musée d’Art Moderne aux atours de Palais de Tokyo (quasi absence de cimaises, au moins au rez-de-chaussée, œuvres peu nombreuses, murs assez vides) et par lequel on conseillera plutôt de commencer la visite (tout simplement parce qu’avec les deux niveaux d’exposition, elle est plus longue qu’en face), les sculptures d’Oscar Tuazon font une nouvelle fois merveille. Le minimalisme des matériaux bruts (plexiglas, bois, acier) y est habilement confronté au gigantisme des réalisations tandis que, côté Palais de Tokyo, son Kodiac se fait tendu et léger à la fois. Autres sculptures convaincantes, les Dear Survivor de Camille Henrot sont des assemblages de plâtre et ciment blanc quasi-anthropomorphiques, avec leur tige d’acier faisant office de béquille, tandis que Daniel Dewar et Grégory Gicquel rendent hommage à un plongeur inconnu avec un monument en grès. Enfin, entre sculpture et vidéo, Florian Pugnaire propose Shadow Boxing : un film montre un cube d’inox poli recevoir des coups de poings et pieds sans que le bretteur ne soit visible et ce même cube trône ensuite, tout cabossé, au centre de la salle du Musée d’Art Moderne.

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Vincent Ganivet - Tripode
(courtesy de l’artiste)

Déjà repérés en galerie, Vincent Ganivet et Vincent Mauger offrent des travaux particulièrement pertinents : les arcs en parpaings du premier sont toujours aussi légers, défiant les lois de la physique, pendant que les casiers à bouteille en polystyrène agglomérés du second forment une sorte de grande ruche aussi accueillante qu’inquiétante. Dans cette même veine organique, Yuhsin U. Chang utilise la poussière récupérée dans les deux institutions pour en faire des sculptures grises entre champignon atomique et coulées de lave figées. Accrochés au mur, les moulages en béton de volets clos de Masahide Otani et l’escalier mural aux marches (zinc rehaussé d’eau-forte) en forme d’O d’Antoine Dorotte convainquent également. Ambitionnant de faire le lien entre les deux bâtiments, l’inscription en LED Respublica de Nicolas Milhé est présentée sur le péristyle, là où Bettina Samson cloisonne son propos : photographie de constellations et adhésif sur fenêtre côté Musée, portraits en faïence figeant les expressions du héros de La Horde Sauvage côté Palais.

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Julien Dubuisson - Ghost Dance
(courtesy de l’artiste)

Plus (trop ?) chargées, les créations de Stéphanie Cherpin convoquent matériel urbain (feux de signalisation, portails en fer, luminaires, bâches, ruban adhésif, tentes utilisées par les SDF) pour des résultats entre charniers citadins et hommages à la décrépitude. Rare peintre nous ayant conquis, Farah Atassi opère avec un trait relativement épuré et un travail sur la géométrie aux emprunts assez discrets. Pour terminer, mentionnons notre enthousiasme à l’égard du travail de Julien Dubuisson qui, avec sa Ghost Dance et sa Visite extérieure d’une grotte, développe une forme d’esthétique de l’absence. Les traces de pas sur des dalles de ciment, d’une part, et la matérialisation de l’intérieur d’une cavité, d’autre part, mettent ainsi du plein dans du vide et réciproquement. Celui qui nous avait déjà intrigués avec Basse Def, cette voiture concassée aux formes rudimentaires présentée dans un module du Palais de Tokyo l’an passé, confirme largement ici nos espoirs.

Pour en savoir plus, un site internet dédié est consacré à l’exposition : http://www.dynasty-expo.com/d/fr/

François Bousquet
le 25/08/2010

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