Bernhard Loibner

Unidentified Musical Subject

(Moozak / Import)

 date de sortie

12/05/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Musique Concrète / Electroacoustique

 appréciation

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3 titres complets (Flash)

 tags

Ambient / Bernhard Loibner / Electroacoustique / Expérimental / Moozak / Musique Concrète

 liens

Bernhard Loibner
Moozak

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Un peu à la manière de Rhiz (où Bernhard Loibner a également joué), Moozak est un club de Vienne qui sort des disques depuis 2008 dans des registres plutôt expérimentaux. Si l’on fait l’impasse sur la division Kazoom, il s’agit là de la troisième sortie du club/label et du premier album solo. On découvre ici Bernhard Loibner qui n’en est pas à ses débuts puisque Unidentified Musical Subject est son 4eme CD. Une discographie que l’on trouvera principalement chez AllQuiet ou bien en ligne sur le netlabel polonais AudioTong.

On a un peu de mal à cerner le travail de l’autrichien. Des influences de musique improvisée par ici avec des constructions plutôt imprévisibles ou la trompette de Franz Hautzinger sur Scratch, une slap bass très présente et à force un peu énervante sur Degauss, ou encore des percussions impromptues sur B2b. Pourtant ce sujet musical non identifié est loin d’être un album de free jazz. Loibner travaille avant tout sur l’électronique mais l’acoustique prend une importance nouvelle sur ses dernières productions. Les instruments sont donc samplés et triturés, hachés, déformés et remontés à la manière d’une musique concrète/contemporaine à laquelle on pense tout particulièrement sur Degauss, avec toutefois une approche plus organique.

L’album se révèle sombre dans un premier temps avec des riffs de guitares et basses électroniques menaçantes sur un Delta-6 qui se termine par une texture de bruit blanc et le son d’un clocher au loin. La guitare basse de Scratch trouve sa réponse dans des fracas électroniques évoquant des rochers qui s’écraseraient sur le sol. On préfèrera le travail effectué sur Delta-2 où l’acoustique subit des traitements extrêmes, à en devenir méconnaissable, le mystérieux B2b lors duquel divers bruitages et notes semblent tomber aléatoirement sur un tapis de résonances métalliques et glissements électroniques, on encore Accum, plus proche d’une electronica expérimentale au laptop avec une guitare subissant de multiples cassures et autres bleeps électroniques à faire pâlir R2D2 ! On notera enfin la participation de Melita Jurisic, déjà croisée aux côtés de Metalycée, et reconnaissable à sa voix profonde et mystérieuse que l’on a tendance à trouver très connotée goth. Cela dit, sa participation fonctionne à merveille sur Poem, posant sa voix sur une électronique ambient tournoyante, et apportant un peu d’humanité sur le mécanique et écorché Follow.

Un album difficile à appréhender, hétérogène, énervant par endroit, très beau par ailleurs, passant sans crier des gare des musiques savantes à une approche plus pop... Avis aux aventuriers !

En bonus, certainement le morceau le plus facile d’accès, en version live.

Fabrice ALLARD
le 30/08/2010

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