Pierre Gerard / Shinkei

Static Forms

(Dragon’s Eye Recordings / Import)

 date de sortie

00/04/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal / Musique Concrète

 appréciation

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 tags

Ambient / Dragon’s Eye Recordings / Minimal / Musique Concrète / Pierre Gerard / Shinkei

 liens

Dragon’s Eye Recordings
Pierre Gerard
Shinkei

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Après l’ambient drone de Wyndel Hunt, voici la deuxième production dont nous parlons cette année et provenant du label Dragon’s Eye Recordings, basé à Los Angeles. Il s’agit cette fois d’un split entre deux artistes avec d’une part le liégeois Pierre Gerard et d’autre part l’italien Shinkei.

Pierre Gerard vient de l’art contemporain et alterne entre pratique et recherche avec un goût prononcé pour l’abstraction. Après la peinture, le sculpture et la vidéo, il s’est mit à la musique en 2003 dans un premier temps à base d’objets et field recordings avant de se mettre aux instruments. Shinkei (de son vrai nom David Sani) est certainement un peu plus connu de nos lecteurs puisqu’il créa en 2000 le mail order Microsuoni qui, comme son nom le suggère était dédié au minimalisme et à l’art sonore. Depuis 2008, il dirige le label Koyuki sur lequel on croise FOURM (alias Si_COMM), Steinbruchel, ou encore Yann Novak, le boss de Dragon’s Eye Recordings.

On navigue donc dans le petit monde du minimalisme avec pour chacun des deux artistes une pièce unique de 15-18 minutes. Aucune explication ou note d’intention pour accompagner ce disque, si ce n’est une liste de citations de Marcel Duchamp ou John Cage, toutes relatives au silence, point commun des deux œuvres ici présentées. Les deux hommes construisent une musique que l’on qualifiera de musique concrète minimaliste. On décèle de nombreux bruitages, certainement issus de manipulation d’objets, des sonorités électroniques extrêmes, jouant avec les limites de l’audible (sifflement ultra aigu, infra basse), et quelques sonorités instrumentales. Des cordes frottées chez Pierre Gerard, certainement celles d’un violoncelle dont le corps semble être frappé, quelques notes de piano en intro et conclusion chez Shinkei. On aura tendance à trouver le travail du Belge plus proche de la musique concrète, l’Italien faisant plus fréquemment appel à l’électronique, mais les deux hommes jouent de la même manière des silences, interrompant sans cesse leurs instruments pour abandonner l’auditeur dans des failles sonores.

Un album difficile, abstrait, qui demande une réelle participation de l’auditeur, mais sa courte durée semble parfaitement adaptée au propos. Les amateurs de beaux objets seront conquis puisque Dragon’s Eye Recordings porte une attention particulière au design de leurs productions, mêlant simplicité et cohérence.

Fabrice ALLARD
le 07/09/2010

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