Flying Lotus

Cosmogramma

(Warp / Discograph)

 date de sortie

03/05/2010

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Future Jazz / Hip-Hop / IDM

 appréciation

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3 extraits (Flash)

 tags

Expérimental / Flying Lotus / Future Jazz / Hip-Hop / IDM / Warp

 liens

Warp
Flying Lotus

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Nous étions passés à côté de Flying Lotus et Hudson Mohawke l’an dernier lors des soirées des 20 ans du label Warp. On s’était rattrapé aux Siestes Électroniques en ce qui concerne Hudson Mohawke, mais nous n’avions toujours pas évoqué le cas Flying Lotus. Alors que sort ces jours-ci le EP Pattern + Grid World, nous revenons sur Cosmogramma, troisième album de l’Américain, désormais signé chez Warp mais découvert par ses voisins de Plug Research.

Flying Lotus est le projet de Steven Ellison, encore un jeune surdoué qui baigne dans la musique depuis sa plus tendre enfance. Forcément, quand on a sa grand-mère qui écrit des chansons pour la Motown et que sa grand-tante est l’épouse de John Coltrane, on peut avoir quelques prédispositions pour la création musicale. On peut aussi décider de prendre des chemins de traverse, ou encore faire les deux à la fois. C’est ce que fit Ellison, restant dans la musique mais programmant des rythmiques hip-hop sur une boite à rythme alors qu’il avait 14 ans.
Aujourd’hui, Cosmogramma apparaît comme l’album de la maturité, et ça tombe bien puisque Steven Ellison nous apparaît un peu superstitieux en déclarant que le troisième album est celui qui doit avoir "LE truc". Et il y a clairement un truc en plus dans cette échappée cosmique, très certainement grâce à la participation de nombreux musiciens. De la famille avec son cousin Ravi Coltrane au saxophone pour des apports jazzy sur Arkestry, des stars avec Thom Yorke au chant sur ... And The World Laughs With You et une harpiste (Rebekah Raff) extrêmement présente qui apporte une touche particulière à l’album.

Flying Lotus annonce rapidement la couleur en ouvrant son album avec Clock Catcher mettant sur un pied d’égalité bleeps de jeux vidéo, douce mélodie de harpe et grincement de corde nous plongeant en plein western. Le jeune homme franchi le pas et ose les grands écarts, les rencontres impromptues, les décalages. Rythmiques drum’n bass et déluge de guitare basse (Pickled), nappes mélodiques et basses nasillardes (Nose Art) ou véritable trip ambient psyché avec envolées de cordes et finesse de la harpe (Intro/A Cosmic Drama), Flying Lotus nous embarque avec lui dans une véritable rêverie sonore, douce et scintillante (Zodiac Shit).
Steven Ellison se moque bien des genres, il joue avec et expérimente parfois de façon véritablement abstraite (intro de Arkestry), donne l’impression de composer des jingles rétro-futuristes inspirés de vieux film (de nombreux morceaux durent moins de 2mn) tout en plaçant ici où là une rythmique binaire (tendance house sur Do The Astral Plane) ou tribale (Dance Of The Pseudo Nymph). Cosmogramma est un album difficile a décrire mais le terme qui convient certainement le mieux est "kaléïdoscope". Ça virevolte dans tous les sens, des éléments qui n’ont rien à voir ensemble trouvent ici leur place en formant un tout cohérent, donnant l’impression d’avoir affaire à un croisement entre Animal Collective et Tortoise.

Pour ceux qui auraient raté le train à l’époque des deux précédents albums, Cosmogramma est l’occasion rêvée de découvrir Flying Lotus, ou même le redécouvrir sous un autre jour.

Fabrice ALLARD
le 22/09/2010

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