Quad #1 : Aoki Takamasa / Atom TM

 date du concert

22/09/2010

 salle

Rex Club,
Paris

 tags

Aoki Takamasa / Atom TM / Raster-Noton / Rex Club / Silicom

 liens

Silicom
Aoki Takamasa
Raster-Noton
Atom TM
Rex Club

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C’était donc la première d’une série de soirées autour du label Raster Noton qui se dérouleront au fameux Rex Club. On était un peu surpris que ce type d’événement prenne place dans le temple de l’électro dansante, mais on saluera la démarche. Plus risqué encore, la volonté de présenter dans un lieu qui ne s’y prête pas vraiment, des travaux audiovisuels qui font il est vrai, partie intégrante de la démarche du label allemand.

Peu de monde alors que l’on arrive sur place à un peu plus de 23h. la configuration du lieu a été adaptée afin de répondre aux besoins de ce type de soirée, et une partie de la piste de danse est par conséquent occupée par deux écrans destinés à recevoir les projections d’Atom TM. Mis à part ça, et alors que cela fait belle lurette que l’on n’était pas revenu au Rex, le lieu n’a pas changé, le demi de Kro est à un prix complètement indécent, mais la qualité du son reste superbe pour ce type de musique. Jean-Yves Leloup qui est aux platines en attendant et entre les concerts, nous propose une chouette sélection électro intéressante, évoluant petit à petit vers un minimalisme dansant invitant à rejoindre la piste de danse.

Il n’est pas loin de 0h15 quand le son redouble d’intensité, signalant le début du concert d’Aoki Takamasa. On ne voit rien au niveau des écrans, tandis que le Japonais est coincé sur la droite de la salle dans une obscurité complète.
On a déjà pu l’évoquer sur ces pages lors de la sortie de son EP sur la structure allemande, le son d’Aoki Takamasa a quelque peu changé depuis l’époque de Silicom, le projet qu’il menait avec Takagi Masakatsu. On retrouve tout de suite une électro franchement abrasive, voire agressive, à base de déchirements et vocaux triturés. Le set du Japonais trouve un juste équilibre entre les musiques de danse avec des rythmiques bien souvent très efficaces, et des expérimentations généralement basées sur des répétitions extrêmes et des sonorités à rebrousse poil. Percussions, basses et bruitages composent le plus clair de la musique, les timides nappes que l’on peut trouver sur le EP étant ici complètement étouffées, mais parfois on sent poindre la lumière, par exemple avec cette utilisation atypique, au charme bancal, d’une voix féminine déformée, saturée, mais dont la mélodie vous accroche tout de même.
Un set sans concession, comme on pouvait s’y attendre. Ce n’est pas ce que l’on préfère du Japonais, mais on était toutefois content de le revoir en live.

Vers 2h15 c’est au tour d’Atom TM de prendre place. Nous l’avions déjà vu lors du festival Némo sans en faire un retour sur ces pages, séance de rattrapage donc ici. Il s’agissait d’un set avec lequel Uwe Schmidt tourne depuis quelques temps maintenant, donc à moins de ne pas l’avoir vu sur scène depuis longtemps, cette prestation n’avait pas énormément d’intérêt. La configuration est toujours la même avec deux écrans situés de part et d’autre de l’artiste qui apparaît du coup un peu coincé entre ses projections avec une énorme console-sampler numérique et le fameux Tenori On de Yamaha. Sur l’écran de gauche, des projections que l’on qualifiera de classiques dans le sens où il s’agit d’un complément, d’une illustration visuelle de la musique. De l’autre côté, le style rétro d’un affichage pixelisé permettant de voir les différents paramètres du principal instrument de musique d’Atom TM, à savoir son sampler.
L’Allemand débute avec une électro syncopée mais au son trop lourd pour être qualifiée de sautillante. Samples et sonorités brèves, éléments kraftwerkiens et déchirements plus contemporains, comme pour Aoki Takamasa il s’agit d’une musique qui pourrait se faire dansante mais qui se révèle bien souvent trop complexe, trop imprévisible pour que le public n’accroche réellement. Le public d’ailleurs qui semblait être de connaisseurs pour le Japonais, se révélait ici plus hétérogène, plus jeune, et l’on entendra certains évoquer l’idée d’aller plutôt au Duplex... Mais l’Allemand est le spécialiste des changements de style, et au bout de 10mn celui-ci disparait, laissant ses machines diffuser un break ambient qui énervera quelques spectateurs alors que tout se passe au niveau des visuels, images vieillis, très 70s, Uwe Schmidt assis sur un banc dans un jardin avec le doux gazouillis de chants d’oiseaux.
Atom TM réapparaît alors et embraye a mi-chemin entre jazz électronique et musique de jeux vidéo, utilise des glitchs de téléphone portable comme composants rythmiques et débute une deuxième partie qui nous apparaîtra plus dansante, comme s’il avait épuré son jeu. Malheureusement au bout d’une dizaine de minutes c’est la panne et les projections s’arrêtent. le problème est apparemment sérieux, le public s’énerve et Jean-Yves Leloup prend le relai. Atom TM reviendra une fois les soucis réglés, mais l’ambiance n’y est plus, personne ni croit, ni même l’Allemand qui coupera net le son au bout d’une dizaine de minutes, écourtant vraisemblablement son set.

Fabrice ALLARD
le 23/09/2010

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