Huunter

The Ultraviolet Catastrophe

(Autoproduit / Internet)

 date de sortie

06/04/2010

 genre

Electronique

 style

Electro / Néo-Classique

 appréciation

 écouter

Ecoute intégrale (Bandcamp)

 tags

Autoproduit / Electro / Huunter / Néo-Classique

 liens

Huunter

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Huunter est le projet du new-yorkais Lloyd Bourne, musicien indépendant comme il y en aura certainement de plus en plus, qui sort ici son deuxième album, auto-produit, sans label, avec Bandcamp et les principales plateformes de vente en ligne comme seule vitrine. C’est apparemment fin 2008 que sortait le premier volet sous le nom de Shantih et dans un registre plutôt néoclassique. Cherchant vraisemblablement à embrasser un public différent, le musicien tente ici de combiner musique classique et musique de danse, intégrant du coup de nombreux composants électroniques.

Nous n’avons pas écouté le premier album de Huunter, mais à l’écoute des premières notes de The Ultraviolet Catastrophe, on se rend immédiatement compte de la maîtrise des instruments classiques : véritable violons, cordes tendues, arrangements soignés, c’est un peu le jour et la nuit avec les musiciens électroniques qui intègrent des nappes de cordes synthétiques. Le tempo augmente petit à petit avec l’apparition d’une batterie et puis très vite c’est une rythmique électronique trop binaire qui prend les rennes. Si l’intégration passe ici pas trop mal, en grande partie aidée par la maîtrise des composants acoustiques, on regrettera tout de même le choix de ce tempo basique qui peine à se marier aux cordes de The Antitelephone sans parler d’un piano lorgnant vers une dream music...
Les choses se compliquent un peu par la suite. Si les éléments rythmiques restent très classiques et répétitifs, les cordes toujours très soignées, le piano se fait plus léger, tantôt semblant imiter la démarche d’un personnage de dessin animé, tantôt se faisant abstrait et lorgnant alors vers la musique contemporaine sur le morceau-titre. Quelques amis apparaissent au chant ensuite, et là encore Huunter n’a pas peur d’affronter les décalages. Chanteur d’opéra, cordes sautillantes et rythmique technoïde en guise d’introduction, jolies vocalises féminines un peu plus loin, la collision des genres est pour le moins troublante sur The Heisenberg Uncertainty Principle.
L’album, composé de 4 pièces d’une dizaine de minutes (un format également peu commun pour ce type de production), se termine un peu comme il a débuté, avec une cohabitation plus sage entre acoustique et électronique, celle-ci venant apporter quelques effets de syncope sur de douces mélodies de piano et pincements de cordes. Un dernier titre plus harmonieux, mais qui peine à se renouveler.

On ne sait trop que penser de cet OVNI sonore, le cul entre deux chaises, neo-classique/contemporain d’une part, techno-dance de l’autre, bizarrement aventureux car vraiment casse-gueule. Par contre, étant vraiment conquis pas le travail sur les éléments acoustiques, on cherchera à écouter les premiers travaux de Lloyd Bourne.

Fabrice ALLARD
le 29/09/2010