Multi-layered Identity and Social Structure

 date

du 02/09/2010 au 30/10/2010

 salle

Centre Arménien pour l’Art Contemporain et Expérimental,
Erevan (Arménie)

 appréciation
 tags

Centre Arménien pour l’Art Contemporain et Expérimental / Sonia Balassanian

 liens

Centre Arménien pour l’Art Contemporain et Expérimental

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En déplacement pour quelques jours à Erevan, un passage au Centre arménien pour l’art contemporain et expérimental, espace situé en plein centre-ville, au milieu d’immeubles bancaires, nous permet de faire la connaissance de jeunes artistes arméniens. Réunis autour des questions d’identité socio-culturelle, éternelle problématique très régulièrement soulevée en art contemporain, les plasticiens y répondent en se dévoilant par le biais d’installations, vidéos, dessins ou photographies.

Si ces dernières ne nous ont que peu intéressées, on s’arrêta en revanche davantage sur les autres media utilisés, pour relever que les créateurs se singularisaient par une vision extrêmement noire de leur propre condition. Héritage de l’histoire mouvementée de ce petit pays ou conscience des difficultés actuelles, ce constat se traduit par un wall-painting sanguinolant de Liana Ghukasyan, un dessin barbouillé de noir de Tatul Saroyan ou la présence d’une cage en partie couverte d’une tenture sombre par Sepideh (Zahra) Maleki. Les souvenirs des guerres voisines (Haut-Karabagh, conflit afghan…) se fait également ressentir dans deux installations qui se font face : des barbelés entourent un écran de télévision diffusant une image de ces mêmes barbelés devant lesquels passe un soldat (Sonia Balassanian), d’une part, et des journaux tapissent trois pans de mur pour former une sorte de caverne au fond de laquelle deux yeux et une bouche semblent cracher du feu, d’autre part (Vahram Akimyan).

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Angela
(courtesy Armenian Center for Contemporary Experimental Art)

Attachée au destin des femmes, Alia Ansari accroche des petites photos de certaines d’entre elles autour d’une sculpture sertie de tessons de bouteilles, comme si elles devaient irrémédiablement s’y frotter tôt ou tard. Dans un proche esprit d’enserrement, Ella Kalenz compose une toile d’araignée à base d’étiquettes ornées de dates tandis que des cubes de papier sont capturés dans les mailles de ce filet. Ainsi, au-delà de leur propre identité, c’est en bonne logique à celle des autres que les plasticiens s’attachent. Prolongeant cette volonté universaliste, Angela a réalisé une frise de petits bonhommes dans du papier blanc, certains étant encore suspendus au plafond, façon mobile, alors que d’autres jonchent déjà à terre, métaphore (un peu trop) évidente de notre condition humaine.

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Arpa Hacopian
(courtesy Armenian Center for Contemporary Experimental Art)

On peut alors préférer le participatif et plus léger arbre généalogique d’Arpa Hacopian, que chacun peut compléter à l’aide d’un ruban de couleur. Comme en témoigne aussi la vidéo d’une échographie projetée par GarSu, la vie continue et tout espoir n’est donc pas perdu…

François Bousquet
le 30/09/2010