Snowdrift

Starry All Over

(Autoproduit / Internet)

 date de sortie

17/04/2010

 genre

Rock

 style

Folk / Pop / Slowcore

 appréciation

 écouter

2 MP3 complets (streaming)

 tags

Autoproduit / Folk / Pop / Slowcore / Snowdrift

 liens

Snowdrift

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Petite pause acoustique avec Snowdrift, apparemment quatre amis habitués à jouer ensemble, c’est du moins de cette manière qu’ils se présentent sur une biographie de trois lignes. Le groupe basé à Seattle, se définissant eux-même comme formation slowcore, fait preuve d’une simplicité qui sied plutôt bien à leur musique, donnant l’impression de jouer ensemble avant tout pour se faire plaisir, et à leur manière puisque ce deuxième album est encore une auto-production.

Certes, la formule n’a rien de bien nouveau, Snowdrift ne sont pas les premiers, et ne seront pas les derniers à faire des chansons intimistes et fragiles. Une guitare acoustique, une voix peut-être un peu empruntée, de belles envolées quand la batterie vient en renfort, mais aussi quelques effets électroniques assez récurrents composent cet album, que ce soit des bruitages apportant une dose de bizarreries sonores sur Little Roar ou triturant subtilement la voix de la chanteuse, souvent noyée dans des reverb (Secret), allant même jusqu’à créer des ambiances un peu irréelles sur Little Roar ou Those Nights.
C’est bien souvent cette utilisation d’éléments électroniques au sein d’une musique pop-folk qui caractérise le son du groupe, partagé entre chansons intimistes et expérimentations sonores. Du coup on ne trouvera dans cet album que peu de chansons qui marquent véritablement l’esprit, qui resteront en tête une fois le disque est terminé, au risque de décevoir les fans d’americana ou anti-folk. Snowdrift casse les structures, débutant à la manière d’un Low sur Sugar Queen And The Honey Storm, tempo lent et voix plus naturelle ici, avant de partir dans un long break empruntant à la fois à l’ambient et à un rock rugueux. Le genre d’ambiance que l’on retrouve sur le cinématographique Ninth Transmigration et que l’on se prend à imaginer sur les images de Paris, Texas.

Mais on a beau passer notre temps à écouter de la musique électronique et instrumentale, quand il s’agit de chanson et d’acoustique on a l’impression que l’on ne fait pas mieux que dans l’épure. Il arrive parfois que la voix de Kat Terran nous soit livrée brute et libérée de tout artifice et c’est bel et bien là que ça fonctionne le mieux. Doux roulement jazzy des balais sur le fûts et chant envoûtant sur le magnifique et quasi mystique Howl Snow, guitare lumineuse, tintement de glockenspiel, percussions lointaine et voix aérienne sur Sky Scrape Sea, on tient certainement là les deux plus belles chansons de l’album avant de revenir sur les trois derniers titres à un style plus classique, et notamment un esprit plus rock avec les guitares rugueuses de Those Nights ou plaintives sur Disaster as a Swan.

Starry All Over est loin d’être parfait, mais le groupe fait très bien les choses quand il s’agit de faire du classique, tout en essayant d’expérimenter de nouvelles choses au risque de se mettre un peu en danger. Parfois ça marche, parfois ça fonctionne moins bien, en particulier quand le quatuor donne l’impression de vouloir trop en faire.

Fabrice ALLARD
le 02/10/2010