BS Party : Klement / Gratuit

 date du concert

02/10/2010

 salle

Flèche d’Or,
Paris

 tags

Flèche d’Or / Gratuit / Klement

 liens

Flèche d’Or
Klement
Gratuit

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Grosse soirée à la Flèche d’Or, le soir de la Nuit Blanche, peut-être pas l’idéal pour ramener plein de monde, mais l’occasion de caler cinq live dans des registres très variés entre pop et électro avec en particulier deux concerts d’artistes du label Egotwister pour lesquels nous faisions le déplacement.

On arrivera un peu tard, se doutant que les artistes qui nous intéressaient joueraient en fin de soirée, et on passera rapidement sur les premiers sets. On ratera la prestation de Fiodor Dream Dog qui, sur le papier avait pourtant de nombreux arguments pour nous plaire, peut-être auront nous d’autres occasions.
Alors que l’on entre dans la salle, commence tout juste le concert de Pas de Printemps pour Marnie, qui globalement joue des reprises de My Bloody Valentine et des Bee Gees. On trouvera ça plus ou moins convainquant, et bizarrement les variations d’appréciation étaient liées au fait que ce soit l’une ou l’autre des deux chanteuses qui se produisait... On fera ensuite un tour dehors, ratant une bonne partie du concert de Axel & The Farmers qui jouaient devant une salle bien remplie (des fans ?). Guitares acérées quand on pénètre dans la salle, et puis un petit côté krautrock qui apparaît sur le morceau suivant alors que les synthés prennent de l’importance, tempo soutenu pouvant donner envie de danser, bref une sorte de power pop efficace et entêtante.

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Klement

L’amateur d’électro se doit d’être un oiseau de la nuit puisqu’il faudra attendre 23h45 pour que Klement prenne place sur scène. C’était pour nous l’occasion de voir la transposition sur scène de l’album New Life récemment chroniqué sur ces pages. Sur scène, la formule est on ne peut plus simple, avec un laptop qui diffuse la musique, permettant à Klement de faire son show et prendre pleinement le rôle de chanteur.
Connaissant l’album, on avait certaines attentes par rapport à ce concert qui commencera par une surprise puisque l’on ne reconnaitra pas le premier titre aux influences hip-hop, bien que tout à fait dans la ligné de l’album. Une électronique plutôt efficace, énergique et mélodique, subtilement influencée par les années 80 et un chant qui sur scène révèle pleinement la dimension pop de la musique de Klement. Dans le genre efficace, on aura plaisir à retrouver très vite le doux Into Your Arms avant de repartir dans les années 80 avec New York Style. La plupart des titres de l’album y passeront, plaçant de ci, de là quelques inédits, tandis que les tubes comme Derby seront salués par le public.
A mi-concert on appréciera particulièrement le doux et sombre Libedols, petite pause aux ronronnementx de basses avec voix désenchantée, avant de repartir de plus belle et torse nu au son des bleeps ludiques de Ououououou. Histoire de finir en beauté, Klement achèvera son concert avec sa reprise du Boys Don’t Cry des Cure bref, globalement une excellente présentation live de l’album.

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Gratuit

Il ne faudra guère attendre pour voir Gratuit prendre place dans une configuration similaire, et avec un clavier qui devrait marquer le public. Nous n’avons pas encore parler de Rien, l’album de Gratuit fraichement sorti, aussi nous allons commencer par présenter le personnage. Gratuit est le projet solo d’Antoine Bellanger, un nom que l’on a déjà croisé puisqu’il formait Belone Quartet avec Benjamin Nerot (The Healthy Boy). Si ce dernier s’est orienté vers des chansons pop-folk, Gratuit est un projet d’une électro brute et franche. C’est peut-être ce mélange qui donnait un charme si singulier à 1802, le deuxième album de Belone Quartet.
Après une intro de claviers ronronnants, une rythmique originale et cassante donne le ton, Gratuit faisant lui aussi son show d’une manière certes plus provoquante que Klement. Il ne s’agit pas non plus du même trip, pas vraiment de revival 80s ici mais une électro moderne, des rythmiques mécaniques et des textes pleins de rage généralement scandés. Gratuit joue sur les décalages, mettant par exemple en parallèle des synthés dance en criant "j’vais m’suicider... les oreilles".
Mais ce soir, plus que la musique, c’est la provocation (gratuite ? ah ah !) avec laquelle Antoine Bellanger aborda (saborda ?) son concert qui marquera les esprits. En fait les parties vocales mêlent textes des chansons et improvisation selon l’humeur, et ce soir Gratuit était énervé. Morceaux passé au scalpel, insulte envers les organisateurs de la soirée, prise à partie du public à se demander si c’était du lard ou du cochon, ne se calmant un peu que lorsque ses amis et fans lui renvoyaient la balle. Un concert interactif donc, même si l’artiste aurait aimé un public un peu moins statique, un set haché avec Gratuit coupant net le son pour balancer une petite pique, une musique bien souvent carrée puisque bien souvent simplement diffusée et en bouquet final un lancé de synthé dans la public et Gratuit qui quitte la scène avec un "J’vous emmerde profond"...

Les lumières se rallument sur des spectateurs qui se regardent avec un air du style "C’est qui ce malade ?". Une chose est sûr, Gratuit aura marqué les esprits des spectateurs encore présents à plus de 1h du matin, et nous reviendront très certainement dans quelques semaines sur l’album Rien, vinyle rouge sorti en partenariat par Egotwister et Kythibong.

Fabrice ALLARD
le 05/10/2010

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