Festival du Cinéma Allemand 2010

 réalisateur

Christoph Hochhäusler

Dietrich Brüggemann

 date

du 29/09/2010 au 05/10/2010

 salle

L’Arlequin,
Paris

 tags

Christoph Hochhäusler / Dietrich Brüggemann / L’Arlequin

 dans la même rubrique
du 26/05/2016 au 05/06/2016
Quinzaine des Réalisateurs 2016 - Reprise de la sélection
(Forum des Images)
du 22/01/2016 au 31/01/2016
Festival Premiers Plans d’Angers 2016 - Reprise du Palmarès
(Forum des Images)
du 28/11/2015 au 06/12/2015
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2015 - (...)
(Cinémathèque Française)
du 22/11/2014 au 30/11/2014
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2014 - (...)
(Luminor Hôtel de Ville)

Le regret de ne pas voir projetées suffisamment d’œuvres de la nouvelle vague allemande a souvent été formulé dans ces pages, lors des recensions du Festival du cinéma allemand. Aussi, il convient de se réjouir que, pour cette quinzième édition, un focus ait été précisément programmé autour de ces réalisateurs apparus ces dix dernières années. Trois longs-métrages étaient ainsi diffusés dans ce contexte, auxquels il fallait en ajouter deux autres, inclus dans la compétition traditionnelle mais également réalisés par des cinéastes de cette même mouvance.

Cinq films particulièrement attirants, donc, parmi lesquels figuraient À l’ombre de Thomas Arslan (que nous ratâmes malheureusement) et Le Braqueur de Benjamin Heisenberg, vu en juillet dernier à Paris Cinéma. Il en restait par conséquent trois. À l’âge d’Ellen (Im Alter von Ellen) second film de Pia Marais, dont nous n’avions pas vu la précédente réalisation, est centrée sur Jeanne Balibar, hôtesse de l’air qui choisit de quitter sa vie quotidienne lorsque son compagnon lui annonce attendre un enfant d’une autre. Rompant abruptement avec ses attaches familiale et professionnelle, Ellen se trouve alors une famille de substitution au sein d’un groupe activiste écolo et altermondialiste. Un peu trop mécanique dans sa volonté de mettre en parallèle les trajectoires de cette femme en recherche d’elle-même et ces jeunes en rupture avec l’ordre établi, le long-métrage n’en demeure pas moins un portrait saisissant du désarroi contemporain.

Dix ans moins âgés qu’Ellen, Chris et Gitti sont les héros d’Everyone Else (Alle Anderen) de Maren Ade, réalisatrice formée à l’université pour le cinéma et la télévision de Munich, comme Heisenberg et d’autres cinéastes appréciés de ces pages. Primée à la Berlinale 2009, cette chronique d’un couple en crise alors qu’il passe des vacances dans une superbe villa de Sardaigne reprend tous les contours du kammerspiel traditionnel : éclats de voix, promiscuité pesante, impacts des marqueurs socioprofessionnels sur la relation amoureuse, analyse clinique de la situation. À ces éléments efficacement convoqués, Maren Ade ajoute quelques composants moins fréquents comme cette utilisation d’une chanson ringarde d’Herbert Grönemeyer pour traduire, mieux que des minutes d’échanges houleux, les pensées des personnages.

Également diplômé de cette même université, Christoph Hochhäusler s’était, avec Le Bois Lacté et L’Imposteur, immédiatement imposé. Nos attentes étaient donc très importantes au moment de voir Sous toi, la Ville (Unter dir die Stadt), fraîchement accueilli lors de son passage à Un Certain Regard en mai dernier. Si on retrouve des qualités déjà développées dans ses précédents films (beauté plastique des plans, trouble dans la perception du récit par le spectateur), cette nouvelle réalisation se fait probablement trop théorique, à l’image des motivations des personnages qui restent toujours assez extérieures. De fait, pour narrer cette histoire d’adultère conduisant, dans le monde de la haute finance de Francfort, la femme d’un employé récemment recruté à avoir une liaison avec le grand patron de celui-ci, Hochhäusler laisse de côté toute tentative d’explication. Préférant se concentrer sur un parallèle, assez maladroit voire un rien populiste dans le contexte post-crise des subprimes, entre financiers et dealers, le réalisateur parvient cependant à rendre impeccablement compte de l’univers glacé des grands immeubles de verres, sièges des banques internationales.

Nettement moins formaliste, Cours si tu peux (Renn, wenn Du kannst), second film de Dietrich Brüggemann veut renouveler la figure classique du trio amoureux. Dans cette optique, l’intrusion d’un paraplégique parmi les protagonistes apparaît comme salutaire, même si le schéma en résultant rappellera certains souvenirs (une même femme convoitée par deux hommes, le plus timide d’entre eux - prénommé Christian - conseillé par l’autre, affublé d’un handicap physique, la jeune femme qui ira du premier au second ; bref, Cyrano n’est pas loin). Ensuite, humour et d’autodérision alterneront logiquement avec des propos plus convenus sur la difficulté à aimer ou sur les utopies amicalo-amoureuses.

Dates de sortie :
- Everyone Else : 8 décembre 2010
- Sous toi, la ville : 8 décembre 2010
- À l’âge d’Ellen : 4 janvier 2012

François Bousquet
le 08/10/2010

À lire également

du 06/10/2004 au 12/10/2004
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 23/11/2011 au 29/11/2011
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 02/10/2002 au 09/10/2002
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 15/10/2008 au 22/10/2008
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)