One Man Nation / Hitoshi Kojo / Laurent Rodriguez + Laurent Pascal

 date du concert

12/10/2010

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Hitoshi Kojo / Instants Chavirés / One Man Nation

 liens

Instants Chavirés
Hitoshi Kojo
One Man Nation

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Une soirée organisée par le label Prêle sur le thème de l’imaginaire, avec trois concerts parmi lesquels on trouvait One Man Nation qui vient de sortir un nouvel album chez Moozak, et Hitoshi Kojo que l’on découvrait pour l’occasion et qui apparaît sr la dernière sortie Prêle aux côtés de Yannick Dauby et Patrick McGinley notamment.

On découvrait aussi le duo composé de Laurent Rodriguez et Laurent Pascal qui ouvrait la soirée. Comme tous les concerts de la soirée, les deux hommes étaient situés au centre de la salle, devant le mur leur servant d’écran pour les projections. C’est Laurent Rodriguez qui était en charge des visuels mais il était difficile d’apprécier ses actions responsables des projections. En effet il était caché derrière une cloison servant à protéger le public de la lumière d’un projecteur qui était dirigé vers les spectateurs. C’est a priori un jeu de miroirs qui renvoyait les images vers le mur, l’artiste manipulant divers objets entre la lumière et les miroirs pour faire virevolter ses abstractions lumineuses et images déformées du musicien.
Laurent Pascal était donc en charge de la musique avec une certaine économie de moyen : harmonica, toy piano et deux perroquets mécaniques, sortes de jouets à plumes bougeant et répétant mécaniquement les sons qu’ils captaient. L’artiste grattouille le corps du piano, joue quelques notes de piano ou d’harmonica, les perroquets répètent s’ils le veulent bien... C’est approximatif, parfois joli, mais on restera complètement en dehors de cette performance qui finira par nous ennuyer. On a peut-être perdu notre âme d’enfant... Snif.

Découverte encore avec Hitoshi Kojo pour un live au laptop qui se rapprochera au final de la simple diffusion. Les Instants sont plongés dans le noir, le public ferme les yeux et certains se frayeront un petit passage afin de s’allonger puisque la musique du japonais était purement ambient. Les conditions se prêtaient d’ailleurs tout particulièrement à une écoute attentive avec une diffusion sur quatre enceintes, baignant le public dans ses ondulations sonores.
Le concert se découpait grosso modo en cinq pièces d’une dizaine de minutes, l’artiste nous expliquant à plusieurs reprises le contexte dans lequel chacune d’entre elle avait été composée : travail pour une installation, collaborations ou compositions à partir de sons d’un autre compositeur, travaux plus anciens proposés ici dans une nouvelle version, etc... Il commença par une ambient très dense, avec un son épais auquel se mêlaient quelques souffles, se fit plus apaisé ensuite en jouant sur des croisements entre électronique et acoustique avec des sonorités un peu plus claires. La musique de Hitoshi Kojo s’appuie bien souvent sur l’apparition aléatoire de tintements ou résonances métalliques que l’on retrouvera mêlés à des drones sur l’avant dernier morceau de son concert, le genre de chose qu’il produit en tant que Spiracle avec un nouvel album sorti cette année.
Si l’on pouvait regretter un peu le fait d’assister là à une diffusion plutôt qu’à un véritable live, ce sentiment était assez largement diminué par la qualité de ce qui nous était donné à écouter. Une musique absolument superbe !!

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One Man Nation

C’était ensuite au tour de One Man Nation, le projet du singapourien Marc Chia, déjà croisé mais présenté sous son pseudo Marcos Destructos en duo avec C-drik Kirdec au sein de Elekore. Divers déclencheurs et contrôleurs sont disposés sur une grande planche, elle même posée sur des tréteaux, ainsi qu’un micro dans lequel il délivrera vociférations, cris et réflexions.
Le concert se rapprochait de la performance. L’artiste commença par un premier morceau joué de manière assez classique en déclenchant ses samples et en mixant ses différentes sources sonores. Il mêle lente mélodie de cuivres et déflagrations de basses, et ajoute très raidement une dimension théâtrale via une musique qui se rapproche du collage de bruits aux influences industrielles et des cris puissants. Des textes déclamés d’une voix désespérée, la planche qui lui sert de table qu’il fait claquer contre les tréteaux, font de ce set d’une trentaine de minutes un moment intense, d’une tension continue. Les quelques passages que l’on pourrait qualifier d’ambient restent abstraits, composés de sonorités flottantes et de coups épars, et quand l’artiste se déplacera au milieu du public ce sera pour répéter inlassablement la même phrase évoquant la perte de l’innocence avant d’asséner ses derniers cris et martèlements. Intense !!!

Fabrice ALLARD
le 24/10/2010

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