Tetuzi Akiyama / Jozef Van Wissem / Chris Forsyth / Quentin Dubost

 date du concert

22/10/2010

 salle

Espace En Cours,
Paris

 tags

Chris Forsyth / Espace En Cours / Jozef van Wissem / Le Non_Jazz / Quentin Dubost / Tetuzi Akiyama

 liens

Tetuzi Akiyama
Quentin Dubost
Le Non_Jazz
Jozef van Wissem
Chris Forsyth

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Nouvelle soirée organisée par le Non Jazz avec au programme Jozef Van Wissem que l’on avait déjà vu en début d’année aux Instants Chavirés mais pour qui l’on était prêt à faire de nouveau le déplacement.

C’est Quentin Dubost qui ouvrait la soirée avec une improvisation à la guitare préparée. À vrai dire, cela fait quelques fois que l’on voit le Français, et une sorte de lassitude semble s’être installée de notre côté. À moins que l’on ne soit blasé par ce type de prestation ?
Assis sur une chaise, guitare sur les genoux, frottant les cordes de son instrument avec un archet d’une main, les manipulant par ailleurs au niveau des micros avec divers objets, l’artiste produisait une succession assez abrupte de grincements, grésillements, frétillements et à-coups percutants, tout en gardant une bonne dose de silences entre les attaques de son instrument. Un concert que l’on trouvera donc surprenant de la part de Quentin Dubost qui nous avait plutôt habitué à devoir tendre l’oreille pendant ses concerts.

Le temps de faire une pause et nous reprenons place pour découvrir Chris Forsyth, un artiste qui a notamment collaboré avec Tetuzi Akiyama, japonais également à l’affiche ce soir. Lui aussi nous propose un set de guitare solo mais dans un registre complètement différent. Assis sur sa chaise, le regard en permanence rivé sur son instrument, l’Américain délivre une sorte de rock minimaliste, répétitif, entêtant, mais bifurquant assez régulièrement dans de nouvelles directions qu’il creusera de la même manière. Ce style répétitif, ces diverses variations au sein d’une même longue pièce contribuent à l’aspect psychédélique de la musique de Chris Forsyth qui à la fin de ce premier morceau d’un petit quart d’heure se tournera un peu vers un blues rugueux et enchainera directement avec deux morceaux plus court d’un blues lancinant.
L’artiste reprendra un peu comme il avait commencé avec un morceau extrêmement répétitif et vif, mais on restera toujours un peu à l’extérieur de cette prestation, peut-être trop rock pour nous.

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Jozef Van Wissem

On passe ensuite à Josef Van Wissem, principale raison de notre venue ce soir. Un rockeur singulier puisqu’il se produit désormais au luth, un instrument de la renaissance qui évoque plutôt les ballades romantiques. Son set débute de manière très calme, minimaliste, jouant quelques notes espacées de longs silences, avec tout de même des motifs répétitifs, évoluant dans le temps. Tout en gardant ce tempo, il adoptera un style plus classiquement blues par des effets de slide appliqués au luth pour un résultat de toute beauté. Reposant son bottleneck, Van Wissem enchainera directement dans un style plus classique pour ce type d’instruments avec une sorte de ballade romantique, elle aussi du plus bel effet.
Si l’on devait émettre un léger regret par rapport au concert des Instants Chavirés en début d’année, il porterait sur le fait de retrouver grosso modo la même prestation, alternant entre une sorte d’improvisation, un blues lancinant, des échos du passé liés à l’instrument et globalement une musique assez répétitive. La comparaison ira jusqu’à nous refaire le coup du rockeur, se levant et jouant au plus près des spectateurs en secouant la tête, à la manière d’un guitariste de groupe de hard-rock venant faire son show en bordure de scène.
Le dernier morceau était forcément nouveau puisque composé le 10/10/10, comparable a celui qui ouvrait le concert, doux et lent, laissant de la place aux silences. Globalement un très beau concert.

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Tetuzi Akiyama

C’est le japonais Tetuzi Akiyama qui clôturait la soirée dans le cadre de sa tournée européenne largement partagée avec Chris Forsyth. Musique improvisée de la part du Japonais qui ouvre avec de gros claquements de corde, évoquant les coups de bâton avant l’ouverture d’une pièce de théâtre. Son jeu se caractérise par ses variations de tempo et d’intensité, égrenant ses notes tour à tour avec douceur et énergie, laissant le silence s’installer avant d’aborder une cascade de notes aux contours jazzy, créant même de simples nappes ambient proches du grincement en milieu de concert. Akiyama reprendra plus ou moins les mêmes éléments dans la deuxième moitié de son concert, pour un résultat que l’on trouvera à la fois relativement abstrait et pourtant toujours captivant, parvenant à créer une sorte de tension et de mystère latent.
D’ailleurs le public en redemandera et le Japonais reviendra jouer un dernier titre qui nous paraîtra composé tellement il semblait couler de source, mélodique et répétitif, ralentissant lentement pour se finir par les mêmes claquements que ceux qui ouvraient son set. Parfait !

Fabrice ALLARD
le 30/10/2010

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