Franck Vigroux

Camera Police

(D’Autres Cordes / Abeille Musique)

 date de sortie

01/05/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electro / Industriel / Musique Concrète

 appréciation

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 tags

Ambient / D’Autres Cordes / Electro / Franck Vigroux / Industriel / Musique Concrète

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On découvrait Franck Vigroux en mars 2009 à l’occasion du festival Présences Électronique lors duquel il se produisait en compagnie de Kenji Siratori. C’est en mai que sortait ce troisième album solo du français qui travaille à la croisée de l’électronique pure, de la musique contemporaine et électroacoustique, collaborant régulièrement avec des compagnons de label (harpe, guitare).

Sorti il y a tout juste 6 mois, Camera Police possède en cet automne un charme particulier après un mois d’octobre rythmé par les grèves et manifestations. Tous les titres de cet album tantôt nerveux, tantôt calme mais toujours régit par les machines, ont des connotations policières et répressives (Police, Camera, Judas, I.D., Menottes, Papier, Garde à Vue, Matraque, Fichier, Nom Prénom).
Mais c’est en douceur que s’ouvre ce disque avec les nappes oscillantes de Police que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu quelque part... Lancinantes, mystérieuses, presque inquiétantes jusqu’à l’arrivée d’une voix passée au vocoder, murmurée. Un mélange d’ambient électronique et de spoken word que l’on retrouve à plusieurs reprises, avec par exemple le minimaliste Judas, ou encore Papier, dans un style plus abstrait mais qui voit apparaître un chant sublime, toujours transformé par les machines et rappelant très fortement les travaux de Laurie Anderson. Probablement l’un de nos morceaux préférés, subtil et contrasté avec ses quelques matraquages de basses électroniques et ses vocalises d’opéra pour conclure. Matraque justement se rapproche du genre, mais avec une approche plus sombre et minimaliste, plus torturé, ponctué de bleeps et déchirements numériques.

Par ailleurs, Franck Vigroux adopte un ton plus brut et sec, avec des machines débridées et saturées qui rappellent énormément le travail de Pan Sonic sur Camera. Rythmiques sèches et soutenues, sonorités qui crachotent, les amateurs du genre seront ravis de retrouver ce type de sons sur Menottes et Garde à Vue.
On notera enfin quelques pièces qui se rapprochent de la musique contemporaine/concrète, à l’image du concert auquel nous assistions l’an passé. Minimalisme et abstraction, succession de bruitages à connotation industrielle sur I.D., approche plus cinématographique avec Fichier, mêlée à un travail de platiniste sur Nom Prénom qui fait le pont entre instrumentation classique et technique contemporaine.

L’album se termine par deux pistes sans titres, mais dans la droite lignée d’un excellent album ! A noter que l’on devrait avoir l’occasion de voir une version live audiovisuelle de ce projet courant 2011.

Fabrice ALLARD
le 01/11/2010

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