Mental Archeology

 date

du 22/09/2010 au 19/12/2010

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Jean-Luc Moulène / Matti Braun

 liens

Crédac

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Vue de l’exposition de Thea Djordjadze

Sous la fausse appellation collective Mental Archeology, le Crédac (en association avec le Kunstverein de Nuremberg qui présente en même temps d’autres œuvres des mêmes artistes) propose en réalité trois mini-expositions personnelles. On mentionnera juste Thea Djordjadze et Matti Braun : la première réalise des sculptures minimales (à base de fines tiges d’acier, plâtre ou papier mâché) pour un résultat trop proche de ce que de nombreux artistes, surtout féminines d’ailleurs (Tatiana Trouvé, Katinka Bock, voire Leonor Antunes), peuvent produire. Quant au second, son travail sur la mémoire et l’excavation archéologique du souvenir de la ville mythique d’Urfa (berceau de l’humanité situé en Turquie et d’où est censé être originaire Abraham) vaut surtout pour la mise en espace d’objets et squelettes de poisson placés dans des vitrines, entourées de photos des lieux accrochées au mur, le tout baigné dans une lumière verte tout sauf naturelle.

À côté de ces deux plasticiens (l’une géorgienne vivant à Berlin, l’autre allemand vivant à Cologne), Jean-Luc Moulène étonne par son utilisation malicieuse du quotidien. Ainsi peut-il récupérer des publicités pour des montres dans le New York Times et les biffer de feutre noir dans le prolongement des chiffres romains du cadran (série Time Pièce), réaliser des monochromes à l’aide d’un Bic quatre couleurs (Échantillon/Monochrome) ou confectionner un faux jeu de réflexion type Solitaire (Régulier). Même son protocole créatif traduit cette démarche ludique quand il décide de tracer au graphite des dessins en s’approchant d’un point sans jamais l’atteindre (Noir/Monochrome) ou d’utiliser un faux diamant comme bouchon d’une bouteille en plastique (Riche).

François Bousquet
le 06/11/2010

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