Elian

Whispers, Then Silence

(Home Normal / Import)

 date de sortie

13/08/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental / Minimal

 appréciation

 écouter

2 titres complets (Flash)

 tags

Ambient / Drone / Elian / Expérimental / Home Normal / Minimal

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Elian est le projet d’un homme seul, l’américain Michael Duane Ferrell qui travaille sur le son aussi bien à partir d’éléments acoustiques qu’électroniques. Il n’en est pas à ses débuts puisqu’il produit de la musique depuis 2004 et a été édité sur des labels et netlabels tels que Test Tube ou IOD (anciennement EKO, affilié à Sem label).

La musique d’Elian pourrait être assez quelconque. On parle de plus en plus sur ces pages de croisements entre ambient et drone, une veine dans laquelle Elian et le label Home Normal sont des acteurs avec lesquels il va falloir compter. La jeune structure fondée par Ian Hawgood en 2009 compte en effet déjà dans ses rangs des artistes tels que Library Tapes, Celer, The Boats, Greg Davis ou encore Konntinent. Cependant si le genre peut paraître très défini, Elian s’en détache à sa propre manière, surprend, quitte à ne pas forcément emporter l’adhésion de tout le monde.
On aura d’ailleurs un peu de mal à rentrer dans cet album qui ouvre par le morceau titre d’une durée de 15mn, mais composé de différentes séquences complètement différentes, cassant la linéarité habituelle et que l’on était en droit d’attendre. Le disque débute avec un certain minimalisme via des tintements qui pourront rappeller les travaux de Steve Reich au marimba, tandis que souffles et claquements créent un surprenant tempo. Et puis sans crier gare, on passe à des drones synthétiques épurés et des souffles crépitants à la répétition mécanique, des boucles ondulantes aux sonorités joliment travaillées, de rapides tintements acoustiques (The Happy Cynicism of the Creative Mind), des sonorités ralenties proches du violoncelle, alors sombre, inquiétant, dont les grincements finiront par évoquer des cris plaintifs... Elian navigue entre ombre et lumière, et c’est sur cet équilibre, cette alternance que semble être construit l’album.

Les trois pièces qui composent la deuxième moitié de l’album apparaissent toutefois plus homogènes, elles semblent moins systématiquement faire appel à cette alternance de tonalité. On reconnaitra à plusieurs reprise le son de violoncelles qui, très certainement traités par les machines, délivrent des mélodies profondément mélancolique (Sea-Sick Sailors), et les tintements de bols et gongs forment des enchainements plus naturels que les glitchs arides que l’on trouvait jusque là. Elian s’inspire du travail de platinistes pour déformer, liquéfier ses mélodies de violoncelle sur Magnification and Minimization, une pièce de pure beauté qui, à force de traitements et noyade s’épuise dans une ambient cotonneuse.
Si les sonorités utilisées sur Lesson In Never Again apparaissent plus claires, avec peut-être un traitement sonore plus classique, ce dernier titre restera le plus fragile avec ce qui semble être quelques notes de piano jouées à l’envers.

Une première moitié d’album qui pourra apparaitre comme un test et qui demandera très certainement de nombreuses écoutes avant d’être pleinement appréciée, et une deuxième moitié qui en sera la récompense. Étonnamment beau.

Fabrice ALLARD
le 09/11/2010

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