Louidgi Beltrame : Enerdogar

 date

du 19/11/2010 au 23/12/2010

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Louidgi Beltrame

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

 dans la même rubrique
du 23/05/2017 au 01/07/2017
Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e (...)
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 21/04/2017 au 25/06/2017
Nina Canell : Dolphin Dandelion
(Crédac)
du 03/02/2017 au 08/05/2017
Emmanuel Saulnier : Black Dancing
(Palais de Tokyo)
du 28/03/2017 au 06/05/2017
Rien ne nous appartient : Offrir
(Fondation d’entreprise Ricard)

À mi-chemin entre architecture et arts plastiques, la trajectoire de Louidgi Beltrame le conduit à s’attacher à des villes nouvelles (Brasilia) ou disparues. C’est à cette seconde catégorie qu’émarge l’exposition Energodar, signifiant « don de l’énergie » en russe mais aussi nom d’une cité située à proximité d’une centrale nucléaire. Centré sur cette ville, le travail de Louidgi Beltrame peut se lire comme un mélange de nostalgie, fascination et critique.

JPEG - 21.1 ko
Eto ne lyubov (Ce n’est pas de l’amour...)
(courtesy Galerie Jousse Entreprise)

Nostalgie tout d’abord en ce que sa volonté de rendre compte d’un passé révolu se teinte d’une forme de mélancolie qui passe très nettement dans le film Energodar, pièce centrale de l’exposition. Avec sa voix off testimoniale, ses vues type balade dans une ville vide et ses scènes dans lesquelles subsistent quelques jeunes gens se baignant avec insouciance, le court-métrage de trente-six minutes paraît regretter cet abandon. De même, le wall-painting qui ouvre l’exposition rend hommage au rock soviétique des années 1980 et à l’esthétique marxisante.

JPEG - 31.1 ko
Relèvement des grands panneaux du lieu de fabrication
(courtesy Galerie Jousse Entreprise)

Fascination technique ensuite avec la salle où sont présentées des plaques de cuivre reproduisant des images d’architecture, entre plans de construction et propagande soviétique. En regard de ces six plaques, Beltrame a tracé, à l’encre sur du calque, un Plan axonométrique des blocs, histoire de rendre hommage au constructivisme de l’époque.

Critique des illusions perdues enfin puisque le court-métrage s’attache donc à Enerdogar, ville fantôme car située à proximité de Tchernobyl, comme tant de villes « Atomgrads », créées de toutes pièces pour servir de cités-dortoirs aux ouvriers des centrales nucléaires. La catastrophe de 1986 sonna, à cette aune, comme une double alarme : dangerosité d’installations vétustes et risque encouru par le voisinage.

François Bousquet
le 30/11/2010

À lire également

du 13/09/2011 au 29/10/2011
The Seabass
(Fondation d’entreprise)
du 24/03/2015 au 09/05/2015
Le lynx ne connaît pas de
(Fondation d’entreprise)
du 18/11/209 au 19/12/2009
Guillaume Janot : Ecostre
(Fondation d’entreprise)
du 15/09/2015 au 31/10/2015
L’Ordre des Lucioles
(Fondation d’entreprise)