Pornographie

 auteur

Simon Stephens

 metteur en scène

Laurent Gutman

 date

du 18/11/2010 au 18/12/2010

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Simon Stephens / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Écrite moins de deux ans après, Pornographie entreprend de s’attacher aux événements ayant marqué Londres en juin-juillet 2005 : concert Live 8, attribution des JO de 2012 et attentats dans le métro. Autour de sept séquences et d’une dizaine de personnages, Simon Stephens veut rendre compte des bouleversements engendrés par ces circonstances dans la vie quotidienne de Londoniens déjà eux-mêmes empreints à des bouleversements internes (trauma psychologique, déviances…).

À partir de ce point de départ, on redoutait un de ces éternels croisements des destinées autour d’événements qui dépassent les personnages, ressort tellement éculé de tant de réalisations contemporaines (en art dramatique, cinématographique ou littéraire). A fortiori, la scénographie avec sa grande baie vitrée en fond de scène permettant à chaque personnage d’être constamment sous le regard des autres renforçait cette crainte. Fort heureusement, la pièce nous épargne cette avanie pour plutôt s’attacher aux moments de vie autour de ces journées et aux réactions des uns et des autres.

Cependant, sur un sujet qui est déjà devenu, en quelques années, un genre littéraire et dramatique à lui seul, on peut largement préférer des œuvres comme Les Enfants de l’Empereur ou La Belle Vie. En effet, tandis que les romans de Claire Messud et Jay McInerney permettent de dévoiler, autour du 11 septembre 2001, la face cynique et arriviste, tombeau des illusions états-uniennes et de ses héros, la pièce de Simon Stephens ne dépasse pas le stade de fable que confirme la dernière des sept séquences.

Au surplus, on fut particulièrement gêné par la dernière scène dans laquelle de courtes biographies des 56 victimes des attentats du 7 juillet, préalablement enregistrées par les comédiens, sont diffusées dans des haut-parleurs placés aux quatre coins de la salle. Entre chantage à l’émotion et devoir de mémoire malhabile, Laurent Gutman rate son final et nous fait ressortir avec un sentiment général plutôt mitigé.

François Bousquet
le 27/11/2010

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