Asmus Tietchens / Le Syndicat

 date du concert

25/11/2010

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Asmus Tietchens / Instants Chavirés / Le Syndicat MMX

 liens

Instants Chavirés
Asmus Tietchens
Le Syndicat MMX

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En ce jeudi, un petit événement nous attendait aux Instants Chavirés puisque se produisait Asmus Tietchens, figure culte des musiques expérimentales avec ses 35 ans de production sonore et surtout une première en région parisienne. Pour l’accompagner, DJ Zipo ouvrait le bal tandis que Le Syndicat-MMX, une autre figure culte de la scène indus-noise parisienne clôturait la soirée.

On arrivera malheureusement un peu trop tard pour apprécier le set de DJ Zipo, pseudo derrière lequel se trouve le boss du label Auf Abwegen qui sort des productions d’Asmus Tietchens depuis 1999.

Ce dernier a déjà pris place lorsque l’on entre dans la salle. On n’avait jusque là croisé Asmus Tietchens que sur quelques compilations (Sub Rosa, 12k/Line), on était tombé sur quelques vidéos, mais on connaissait très mal cet auto-didacte des musiques électroniques. On aurait pourtant du croiser son parcours, avec étonnamment un premier album produit par Peter Baumann (Tangerine Dream), et une carrière marquée par des influences industrielles, des expérimentations synthétiques minimalistes ou encore un travail à base de sonorités concrètes, le tout ponctué par une admiration pour les textes du philosophe E.M. Cioran. Tout pour nous plaire en somme.
Si le spectre des expérimentations de l’Allemand est assez large, c’est clairement sa veine ambient-expérimentale qui nous attire le plus et que l’on espérait retrouver ce soir en live. Assis derrière une table recouverte de machines en tout genre, l’Allemand nous offrira effectivement un set ambient, fidèle à ce que l’on attendait ce soir. Principalement occupé par sa console de mixage, Asmus Tietchens amène ses sons avec soin et finesse, une teinte généralement claire et douce, impression d’entendre toujours les mêmes boucles sans pour autant avoir l’impression d’écouter la même chose, renouvellement perpétuel dans un silence religieux, et au final un tonnerre d’applaudissement.
Comme derrière toute figure culte, on percevait dans la salle une certaine admiration, peut-être un peu démesurée, mais pour sûr à la hauteur de la rareté de l’événement. On repartira de la salle avec deux albums afin d’approfondir le sujet, avec d’une part le très synthétique Marches Funèbres de 1989 mais réédité cette année par Auf Abwegen et d’autre part Fabrication 2, une intéressante collaboration avec Richard Chartier.

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Le Syndicat MMX

Autre style, mais même situation avec Le Syndicat que l’on ne connaissait pas mieux. Le Syndicat est également une formation culte, parisienne, créée en 1982 en tant que groupe mais aussi label. Le duo puis quatuor ayant lui aussi traversé les décennies, son style a évolué au fil d’influences, de rencontres, et nouvelles possibilités technologiques, passant d’un bruitisme industriel en début de carrière à un travail plus rythmique alors que le hip-hop décolle en France, allant jusqu’aux collages concrets avec la généralisation du sampling. En tant que label Le Syndicat a notamment sorti une cassette de Merzbow dont le groupe s’est toujours senti proche, plus tourné vers la noise que vers l’indus. Le groupe a logiquement sorti de nombreuses productions sur leur propre structure, mais on les trouve aussi sur des labels de renom tel que Staalplaat ou Daft Records.
En live, et ce depuis 2008, Le Syndicat devient Le Syndicat-MMX avec l’arrivée de deux nouveaux membres. Les trois musiciens se produisent derrière laptops, machines et micro, et nous donnent à entendre une excellente synthèse de leur travail. Une musique nerveuse, tendue, riche, qui semble être largement improvisée mais qui nous surprendra avec l’apparition de boucles mélodiques tentant de s’extirper du bruit. Peut-être que le set était un peu trop uniforme, créant une petite lassitude alors que le concert dura environ une heure. D’un autre côté, une certaine interactivité s’installa entre un spectateur un peu bruyant, et l’excellente réaction d’un membre du groupe, prenant son porte-voix pour lancer un vif "Tu vas la fermer ta gueule ?!?".
Le concert nous laissera globalement une très bonne impression, dans un registre que l’on qualifiera pour résumer d’impro-noise-indus.

Fabrice ALLARD
le 28/11/2010

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