Larry Clark : Kiss The Past Hello

 date

du 08/10/2010 au 02/01/2011

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
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Larry Clark / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Passées les premières semaines de présentation de l’exposition de Larry Clark au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, on espérait trouver moins de monde dans la file d’attente et dans les salles (on se souvient même, première à ce Musée, n’avoir pu entrer lors du vernissage, tellement le public y était venu en masse). La polémique née début octobre autour de l’interdiction aux moins de 18 ans de cette rétrospective étant retombée, on allait pouvoir se concentrer sur les photos et films de l’États-unien. Pourtant, c’est encore un alignement conséquent de personnes qu’on trouva le long du Musée (peut-être aussi un peu pour la monographie Basquiat) ainsi qu’une assistance plutôt dense dans les cinq salles consacrées à Larry Clark.

Les deux premières nous permirent de retrouver les séries Tulsa et Teenage Lust, très connue pour la seconde et vue à la Maison Européenne de la Photographie il y a trois ans pour la première. Pistolets, seringues et coïts sont, on le sait, les principaux attributs et actions de ces deux séries et on ne reviendra pas sur leurs qualités mais on pointera, en revanche, un accrochage pas forcément réussi. Avec ses grands passepartouts blancs (quasiment le triple des clichés) qui enserrent les petits tirages noir et blanc, la présentation a tendance à écraser les sujets et à instaurer une trop grande distance avec le spectateur, transformé en quasi-voyeur, tandis que la démarche de Clark se voulait plus empathique et marquée par une plongée dans l’univers de ces adolescents.

Toujours centré sur un jeune garçon, Larry Clark 1992 témoigne aussi d’un travail sur la sérialité de l’États-unien puisque le même adolescent est pris en photo à de nombreuses reprises et que les épreuves sont montrées sur un grand mur, sans cadre ni espace entre elles. Pour autant, cette sérialité ne traduit pas une démultiplication jouissive mais se fait plutôt morbide : tentative de suicide par pendaison, prise de drogue par injection… En face de ce mur, l’installation punkPicasso se veut un raccourci de la vie de Larry Clark, rassemblant photographies, vinyles, coupures de journaux, lettres et dessins de ses enfants. Démonstration de la cohérence d’une œuvre comme de ses obsessions, ce large montage ouvre parfaitement la voie à la dernière salle.

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extrait de la série Los Angeles
(Courtesy de l’artiste, de Luhring Augustine, New York et de Simon Lee Gallery, London)

Dédiée à Jonathan Velasquez, latino rencontré en 2003 et suivi depuis à toutes les étapes de sa vie, Los Angeles voit Clark quitter résolument le noir et blanc et tenter de saturer son sujet comme les couleurs utilisées sont elles-mêmes saturées, dans un effet d’embellissement « papier glacé » du réel. Mais si les formes utilisées évoluent, on éprouve un léger sentiment de lassitude à la fin de l’exposition bien que les photographies de cette dernière série confirment le lieu commun voulant que la charge érotique d’un regard ou de sujets habillés peut être beaucoup plus forte que celle de deux adolescents, phallus tendu et vulve en attente.

François Bousquet
le 01/12/2010

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